13 Homme sweet homme

En descendant les marches devant l’hôtel, elle avait clairement senti que les chairs de son cul auraient besoin de quelques heures pour retrouver leurs sensations normales. En marchant sur le trottoir, son esprit était incapable de se concentrer sur autre chose que ça. Il venait de lui octroyer une mémorable pénétration anale. Progressive, lente et puissante, fabuleuse. Elle avait bien cru devoir lui demander de limiter ses ardeurs, mais il s’était révélé si habile sodomite qu’à la fin, elle aurait aimé qu’il continue encore pendant des heures …

Malheureusement le temps leur était compté et elle s’était mise à espérer qu’ils disposeraient bientôt d’une plage horaire plus confortable pour profiter de leur ensorcelante entente charnelle. Philip l’avait gentiment accompagné jusqu’à la station de métro qui la mènerait directement chez elle. Il l’avait quitté en la félicitant pour le moment exquis qu’elle lui avait offert et en lui promettant de lui donner des nouvelles très vite.

Demain elle pourrait se reposer un peu et appeler Chloé. L’autre problème qui se posait maintenant à Kate était son excitation vaginale. Malgré l’eau fraîche de la douche qu’elle venait de prendre aux Trois Colombes, malgré la nécessité d’abréger légèrement leur séance, sa chatte continuait à réclamer sa part de réjouissances. Elle se demandait si elle pourrait profiter des faveurs d’Yvan. Il faudra juste qu’elle prenne garde à ne pas lui révéler trop vite l’état de son cul.

Conversation entre filles

C’est en arrivant à l’angle de la rue du Four qu’elle avait aperçu Nausicaa un peu plus loin sur le trottoir. Elle l’avait rejointe malgré l’heure avancée pour prendre un peu de ses nouvelles. Kate avait eu envie de partager un morceau de son parcours pour avoir son sentiment après leur soirée à trois. Elles avaient du se séparer un peu rapidement le matin qui avait suivi. Et Kate aimait bien pratiquer un petit débriefing après une séance exceptionnelle comme celle-là. Non qu’elle eut douté des nombreuses satisfactions qu’avait pu éprouver Nausicaa chez eux, mais elle était curieuse de savoir comment cette adorable demoiselle formulerait cette expérience. En soi, les mots et les souvenirs faisaient aussi partie de son plaisir.

C’est à cette occasion que Kate avait remarqué qu’elle prononçait le verbe jouir avec un charmant accent lorrain. Elle disait « juir ». Leur petite conversation leur avait permis de retrouver une complicité immédiate et d’en jouer à travers quelques gestes équivoques et quelques regards ardents. Cette complicité laissait pourtant une certaine forme d’ascendance à Kate probablement à cause de leur différence d’âge et aussi peut-être, implicitement, parce qu’en tant que femme elle avait un statut que Nausicaa enviait. Par ailleurs celle-ci avait aussi été troublée, pour ne pas dire séduite, par la relation de confiance qu’elle avait pu observer dans leur couple.

De plus, Kate avait fait l’éloge de son mari en expliquant à Nausicaa ce qui l’avait tellement envoûté chez lui lorsqu’elle l’avait rencontré. Elle lui avait laissé entrevoir avec quelle délicatesse il lui avait fait la cour en vrai gentleman, comme il lui avait proposé timidement de la revoir, avec quel tact il lui avait demandé de venir la rejoindre un soir… Nausicaa avait bien perçu que c’était le genre d’homme qui savait offrir à une femme la liberté de choix et l’espace dont elle avait besoin pour s’épanouir. Cela lui avait beaucoup plu, elle aussi. Leur conversation avait du s’interrompre prématurément parce que Kate pensait qu’elle était attendue chez elle, mais elles avaient convenu de se revoir un midi pour déjeuner et discuter « entre nanas ».

Sous un nouveau jour

C’est vraisemblablement après cette conversation que Nausicaa avait commencé à envisager Yvan sous un jour nouveau. Plusieurs éléments se conjuguaient. D’abord c’était bien lui qui l’avait convaincue de faire connaissance avec sa femme et qui l’avait invitée chez eux. Par ailleurs son chéri était absent et il lui manquait beaucoup trop pour qu’elle reste sexuellement inactive. Ses copains étudiants étaient souvent immatures et maladroits mais l’idée de rencontrer des hommes plus âgés avait tendance à lui déplaire tout autant. Il ne fallait pas compter dessus. Les uns avaient tendance à confondre trop souvent sexe et exploit sportif, les autres à prendre les étudiantes pour des Lolitas idiotes ou des petites salopes prêtes à se faire payer à n‘importe quel prix pour faire n’importe quoi. Elle avait maintenant dépassé l’appréhension de son premier contact avec Yvan et se sentait rassurée. Elle était tout à fait convaincue que ce couple était sain d’esprit. Par conséquent elle s’autoriserait à profiter de cette situation aussi longtemps qu’elle en aurait envie. C’était la première fois qu’elle se trouvait dans une relation de ce genre avec un homme nettement plus âgé qu’elle et elle sentait clairement qu’il lui plaisait. Lui, se figurait-elle, ne s’était peut-être pas montré très entreprenant vis à vis d’elle, tout au moins en présence de sa femme, mais elle était certaine qu’il avait tout fait pour qu’elle se joigne à eux parce qu’elle lui plaisait. Dès les premiers instants, lorsqu’il lui avait adressé la parole, et malgré son apparente timidité, elle avait bien vu qu’il cherchait à lui plaire, à l’apprivoiser comme un petit animal craintif qui risquerait de s’enfuir au premier geste brusque. Elle avait bien vu dans le sourire de ses yeux qu’il la dévorait déjà avant même de s’apercevoir qu’il la désirait. Elle s’était même sentie flattée en présence de cet homme poli et délicat qui prenait des détours habiles pour l’inviter sans trop insister. Et bien entendu, elle ne lui avait surtout pas montré qu’elle avait été charmée…

Maintenant qu’elle devait passer la soirée avec sa camarade Mireille pour préparer leur exposé sur le statut politico-économique de Hong Kong, elle savait qu’elle aurait du mal à effacer l’image du visage de cet homme s’approchant lentement de son entrejambe. La seule et unique caresse qu’il lui avait prodiguée lors de cette incroyable soirée revenait comme une obsession. Elle s’en voulait de penser plus à lui qu’à son Ménélas, mais après tout, il n’avait pas fait trop d’efforts ces derniers temps pour lui donner de ses nouvelles, et il n’y avait pas de mal à prendre le plaisir qui se présentait à sa portée. En préparant sa salade pommes-noix, elle s’était sentie un peu amère et avait formulé le théorème selon lequel les hommes n’avaient de légitimité dans la relation qu’ils entretenaient avec leurs amantes que dans la stricte proportion où ils leur procuraient du plaisir, quelle qu’en soit la forme ou la nature, et que cette équation était parfaitement réversible.

Emoustillée par ses petites attentions

Yvan était en train de déchiffrer un article dans la version anglaise de Nature sur le clonage d’une espèce de gazelles en voie de disparition lorsque Kate lui était apparue. Il n’avait pas attendu pour commencer à goûter le poulet au curry qu’il avait cuisiné en l’attendant. Il avait deviné que c’était une semaine chargée pour elle et ne s’était pas étonné de son retour un peu tardif. Comme d’habitude il s’était illuminé en la voyant apparaître, oubliant immédiatement l’article scientifique qu’il était en train d’essayer de comprendre. Il était venu la serrer chaleureusement dans ses bras.

« Ma chérie, tu dois être fatiguée. Pose-toi vite… »
Elle fit mine d’avoir eu beaucoup d’ennuis au travail et s’excusa de son retard. Puis elle se laissa tomber dans un fauteuil. Elle savait qu’Yvan adorait s’occuper d’elle quand elle était comme ça, quand elle revenait plus tard que prévu. Parfois il lui faisait couler un bain, ou lui servait un des ses plats préférés comme le gratin aux chanterelles, le saumon à l’oseille ou la quiche aux épinards. Il s’amusait à remplir son verre en imitant les manières d’un garçon de café et l’obligeait à ne rien faire, à se laisser servir comme une reine.

Cette fois-ci, il s’était mis à ses pieds pour la déchausser délicatement, lui masser un peu les malléoles et lui caresser les mollets. Il savait parfaitement quelles sortes de plaisirs lui procuraient ces caresses attentives. Puis il lui avait réchauffé et apporté une assiette de poulet au curry qu’elle avait dégustée sans se presser. Elle n’avait pourtant pas besoin de tant d’égards pour se sentir émoustillée par les attentions de son homme. Il n’avait peut-être pas vu en débridant ses chaussures qu’elle était totalement nue sous sa jupe, mais cela n’aurait rien changé pour elle. Par dessus le marché, le curry avait fâcheusement tendance à lui fouetter le sang.

Elle évoqua sa brève rencontre avec Nausicaa juste avant d’arriver et fit part de son sentiment à Yvan. Selon elle, « la miss était vraiment une perle qu’il serait dommage de perdre de vue. » Il approuva silencieusement en préparant un dessert à base de poires, d’amandes et de glace à la vanille que lui avait appris sa mère. En l’observant elle ne put s’empêcher de lui adresser ces paroles de tendresse :

« Tu sais mon chou, tu es vraiment adorable. J’aime tellement quand tu m’accueilles de cette façon. Je me demande s’il y a beaucoup de femmes qui ont cette chance.
- Bien sûr que oui. Des tas de mecs adorent servir leur nana. Mais ils ne te l’avoueront jamais. On est trop entouré de machos. Ils préfèrent te faire croire qu’ils se la coulent douce à la maison et qu’ils ne savent pas cuisiner. Mais tout ça, on s’en fiche pas mal, tu es toujours ma princesse et il n’y a que ça qui compte ! conclut-il.
- Je ne suis pas sure qu’ils soient si nombreux, n’empêche.
- Tiens, voilà ton dessert…
- Tu sais ce que ça me fait de te voir comme ça, aux petits soins pour moi après une dure journée ?
- Ca te plait, je m’en doute bien.
- Non …
- Tu n’aimes pas ?
- Mais si, idiot ! Quand tu fais ça je perds immédiatement toute espèce de fatigue : ça me déstresse, tu n’as pas idée ! C’est mieux qu’une séance de yoga, même mieux qu’un sauna. Mais ça me plait tellement que ça m’excite. Dès l’instant où tu m’as dit de m’asseoir, quand tu m’as ôté mes chaussures, et quand tu m’as servi, je n’ai plus arrêté de penser à ça. Je mouille Yvan. Tu comprends ? Tu m’excites comme c’est pas permis quand tu me sers de cette manière. C’est comme si tu me baisais sans t’en rendre compte.
- Tu n’aurais peut-être pas du me dire ça, mon amour. Maintenant quand je vais préparer une pizza, je vais imaginer que c’est un préliminaire… »
Elle prit une nouvelle cuillérée de crème glacée vanille de Mayotte et la laissa fondre pour que le froid envahisse entièrement sa bouche et l’imprègne de son goût. Puis à sa manière féline, elle vint se coller à lui pour l’embrasser très amoureusement en dirigeant une de ses mains entre ses cuisses entrouvertes. Ce baiser vanillé n’en finissait pas. Elle avait envie de se coller à sa bouche et de ne plus la quitter jusqu’au lendemain.


© LD 2006-2007
Cliché : LD "Angélique"

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