11 Petite soirée entre amis


Son œil s’était allumé en voyant entrer la jeune fille accompagnée de son mari. La surprise l’avait saisie. Mais c’est leur évidente complicité qui l’avait déstabilisée l’espace de quelques secondes. Elle avait immédiatement masqué son émotion sous son joli sourire et s’était approchée pour les accueillir chaleureusement.

Elle découvrait enfin Nausicaa en pleine lumière. Ce que lui en avait dit Yvan était bien en dessous de la réalité. Ses longs cheveux et ses quelques taches de rousseur, son élégance évidente, son physique élancé… : une vraie princesse ! Dans sa petite robe moulante bleu clair et ses baskets flashy, elle avait l’air d’une jeune fille saine et sage. Sa peau claire était juste assez halée pour ne pas sembler pâle. Ses mouvements étaient naturels et francs. Tout chez elle respirait la santé et l’équilibre.

Bienvenue chez nous

Au deuxième regard, Kate remarqua qu’elle portait une bague à la main droite et que ses ongles brillaient d’un verni incolore. Elle remarqua aussi dans son regard quelque chose qui ressemblait vaguement à un manque de confiance. Mais c’est sa simplicité et son naturel qui la frappait avec le plus d’évidence.

- Bienvenue chez nous, lui avait dit Kate, je vous attendais depuis un petit moment.
- Bonjour, avait répliqué la jeune femme.
Kate vint l’embrasser familièrement. « Sa peau est aussi douce au toucher qu’au regard » remarqua t-elle.
- Je suis très contente de vous rencontrer, ajouta Nausicaa.
- J’ai fait un petit détour pour aller la chercher, précisa Yvan comme pour justifier leur retard. Puis il ôta sa veste et s’approcha de sa femme. Il croisa brièvement son regard encore interrogatif. Nausicaa avait ouvert son sac pour en tirer un objet pendant qu’ils s’avançaient vers le salon. Kate avait disposé des verres et de nombreuses gourmandises sur la table basse. Elle échangea un nouveau regard plus ou moins interrogatif avec Yvan pendant que Nausicaa hésitait à s’asseoir mais celui-ci ne laissait rien paraître.
- Installez-vous mademoiselle, et surtout soyez à l’aise, avait indiqué Yvan.
Elle n’avait aucun mal à se sentir à l’aise, mais elle avait perçu la petite inquiétude dans l’œil de Kate en franchissant l’entrée au côté de son mari.
- Tenez, c’est pour vous, fit la jeune invitée en tendant l’objet à Kate. Pour vous remercier de l’invitation.
Celle-ci la remercia à son tour avec enthousiasme et ouvrit le paquet. Elle avait été un peu surprise de son geste mais finalement sincèrement flattée par cette délicate attention. Nausicaa lui avait offert un livre-cahier pouvant faire office de carnet de voyage ou d’album souvenir. Un objet très ingénieux qui incitait à la méditation, à la nostalgie ou à la confidence selon le lieu ou le moment où l’on décidant de l’utiliser. Kate avait pris le temps de feuilleter l’ouvrage composé de photos et de citations, de feuilles réservées à l’écriture et de feuilles plus épaisses pouvant être utilisées pour dessiner ou coller ses souvenirs.
- Je suis très touchée. Vous avez tapé dans le mille ! J’adore les carnets, et celui ci est superbe !
- Oh ! De rien… c’est tout simple. Votre mari m’avait dit que vous travailliez dans un journal alors j’ai tout de suite pensé que vous aimiez écrire.
- C’est vrai… en tout cas ce carnet là sera réservé à une belle histoire. Je ne sais pas encore laquelle, mais je vais y réfléchir. Et vous ? Yvan m’a dit que vous étiez étudiante en économie ? Vous aimez écrire aussi ?
- Je n’oserais pas vous montrer… Je me sentirais ridicule. Mais j’aime bien écrire pour moi-même de temps en temps.
- Je n’insiste pas trop alors. Dites-moi plutôt ce que vous aimeriez boire.
- Kate a tout prévu, souligna Yvan, elle se réjouissait de faire votre connaissance !
- Un jus d’ananas c’est parfait, fit Nausicaa en désignant la bouteille.
Kate s’était assise à sa droite pour remplir son verre. En face, Yvan lui avait proposé le plat des sandwiches exotiques sucrés-salés, puis il s’était servi.
- Oui c’est vrai que j’étais curieuse après tout ce qu’il m’avait dit sur vous, fit Kate en lui tendant le verre. Et puis nous nous étions vus si furtivement la première fois ! ajouta t-elle en riant.
- Oui, fit Nausicaa, c’était pas trop le moment de parler, quoi ! Mais je dois dire que c’était assez troublant.
- On voulait s’excuser auprès de vous, compléta Yvan, on ne pensait vraiment pas être surpris à cet endroit.
- Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas traumatisée ! Au contraire… je vous ai trouvés magnifiques tous les deux. C’est rare d’avoir un si joli spectacle, ajouta t-elle avec un soupçon de grivoiserie dans la gorge. En vous voyant, je me suis dit que vous deviez être des amants un peu pressés.
- On venait de se retrouver, soupira Kate. Il m’avait échauffé les sens pendant tout le repas au restaurant. Et puis c’est tellement plus excitant de faire l’amour ailleurs que dans un lit…

En s’approchant de la jeune femme, Kate avait saisi plus distinctement son parfum, mêlé à son odeur corporelle. Elle avait fermé très brièvement les yeux pour mieux le percevoir et le fixer dans sa mémoire. Elle avait reconnu la légère fragrance de pivoine de l’Aqua Allegoria de Guerlain. L’émanation naturelle de ses cheveux et de sa peau lui rappelait un peu le caramel ou la confiture de lait. Quelque chose comme ça, une odeur sucrée en tout cas. L’instant d’après, Kate avait détecté une infime parcelle d’arômes provocants de myrrhe et de santal, une senteur bien masculine qu’elle connaissait très bien puisque c’était celle du parfum d’Yvan. « Ils ont pris l’ascenseur ensemble et ils se sont sûrement fait la bise aussi, s’était rassurée Kate, rien d’étonnant à ce qu’elle porte aussi un peu de son odeur. » Elle se leva pour servir un verre à Yvan et venir enfin l’embrasser. « Excuse-moi mon chéri, je ne t’ai même pas fait un bisou tout à l’heure. » Elle lui tendit amoureusement les lèvres pour un petit baiser appuyé sur la bouche.

Aux belles rencontres

- Trinquons maintenant ! fit Yvan.
- A quoi trinquons-nous ? demanda Kate.
- Aux belles rencontres, répondit-il. Et à l’amitié, aux découvertes !
- Oui, à notre rencontre, approuva Nausicaa, ça me fait tellement plaisir d’avoir de nouveaux amis dans ce quartier.
Kate passa sa langue sur ses lèvres. Elle avait un léger goût de nougatine ou de caramel dur. « L’odeur de la miss, s’interrogea t-elle, ou le confit de figues du toast qu’il a croqué à l’instant ? » Son geste éveilla l’attention de son homme qui le prit pour une avance. Elle continuait à enquêter malgré elle. Pourtant elle n’aurait pas été dérangée s’il lui avait confié qu’il y avait eu un rapprochement un peu serré avec Nausicaa. Cette jolie fille semblait tout à fait disposée à parfaire son expérience avec des hommes un peu plus âgés qu‘elle. Derrière ses airs de nymphette innocente, Kate était convaincue d’être en présence d’une petite furie, d’une belle jouisseuse qui ne reculait pas souvent devant une occasion de prendre le plaisir qu’on lui présentait. Il était temps d’y voir un peu plus clair dans ses intentions en continuant à aborder des sujets légers et à jouer de complicité en douceur. Yvan rappela qu’une bonne bouteille de vin pouvait accompagner avantageusement les petits toasts salés. Elles acquiescèrent avec gourmandise.
- Vous ne connaissez personne dans le quartier ? demanda Kate.
- Vous m’intimidez en me vouvoyant, vous savez, je préférerais que vous me tutoyiez.
- C’est d’accord, je ne te ferai plus peur !
- En fait mes amis sont presque tous partis. Les gens déménagent souvent vous savez, surtout les étudiants. A chaque rentrée c’est la même chose. Mais ça ne me dérange pas, au contraire. J’aime bien le mouvement. Et pour les vrais amis, les gens que j’aime vraiment, je m’arrange pour les retrouver pendant les vacances, ou alors je les invite quand ils passent par ici.

Kate avait planté son regard dans les yeux de Nausicaa pendant qu’elle s’exprimait. Elle admirait sa grâce et se laissait charmer par sa voix. Yvan en avait profité pour observer tranquillement les expressions de son visage, les mouvements de ses mains et de sa poitrine qui se soulevait en respirant sous le tissu de sa robe. Il remarqua enfin qu’elle ne portait pas de soutien-gorge. Ses seins ronds et fermes lui apparurent terriblement attirants. Kate baissa les yeux et les promena sur ses jambes nues. Elle se sentait doucement électrisée par la présence de cette délicieuse créature mais ne voulait pas lui montrer trop brutalement, pourtant celle-ci n’avait pas détourné le regard un seul instant et son expression souriante ne la quittait pas. Yvan avait remarqué qu’elle s’était adossée plus profondément dans le sofa et que ses pieds s’étaient décroisés.

- Je suis d’accord avec vous avait-il rétorqué, il ne faut jamais perdre une occasion de revoir ses amis et les gens qu’on aime.
Nausicaa passa une main agile dans sa coiffure pour la rajuster :
- Pourtant, ce n’est pas toujours facile quand on est loin…
Kate se demandait si la conversation allait s’élever un peu ou s’il fallait attendre la troisième bouteille de vin pour dépasser les banalités.

Etat de manque

- Loin ? reprit-elle.
- Maintenant oui, mon copain a une mission en Argentine jusqu’à l’année prochaine. Il ne peut pas revenir souvent… Avant on vivait ensemble dans son appartement, à Clamart.
- Il doit te manquer, enchaîna Kate.
- Oui certains jours… heureusement qu’on peut communiquer facilement, continua t-elle à se confier. J’aimerais tellement le rejoindre.

Elle goûta le verre de vin qu’Yvan venait de lui servir. Elle sentit les premiers arômes boisés du Bourgogne rouge 96 envahir son palais et la légère chaleur de l’alcool se diffuser sur sa langue. D’un geste amical et compréhensif, Kate lui caressa doucement l’arrière de l’épaule tout en s’adressant à Yvan : « Tu vois, mon chéri il ne faut pas laisser les femmes seules, elles deviennent nostalgiques » (Elle faisait allusion à son projet de rejoindre une équipe indonésienne à la prochaine saison d’été.)

- Je crois qu’elle n’est pas seulement nostalgique, avait-il répondu. Nausicaa a aussi besoin de tendresse. En cours de route nous avons eu le temps de discuter un peu.
Constatant qu’elle ne reculait pas sous ses chastes caresses, Kate osa continuer un peu moins sagement : « J’ai remarqué que tu sentais très bon, je peux te sentir d’un peu plus près ? » lui demanda t-elle. Elle savait que ce genre de proposition était difficile à refuser. Nausicaa n’eut pas vraiment le temps ni la force de répondre. Elle avait senti se frotter doucement le nez de Kate sur le bord de sa joue et la respirer un peu pour atteindre la limite de son oreille, s’attarder à la lisière de ses cheveux, et lentement, très lentement fouiller le côté de son cou. Elle avait senti son pouls s’affoler plusieurs minutes, submergée par la sensualité retenue de cette femme habile qui la tenait à sa merci.

- Oh ! Roucoula Kate dans un chuchotement admiratif, j’avais raison. Tu sens vraiment très bon.
Nausicaa avait rougi de plaisir sous ce compliment hautement sensuel. Elle ne savait pas si Kate appréciait le choix de son parfum ou son odeur à elle. Elle ne trouvait pas la force de répondre ni même de formuler une phrase cohérente à prononcer. Elle renversa la tête sur le côté pour faciliter l’exploration de Kate qui descendait maintenant en d’exquis baisers vers la naissance de son cou. Elle la faisait complètement fondre de plaisir. Nausicaa qui n’avait jamais eu de relations avec une autre femme était en train de découvrir qu’une sœur agile pouvait aussi procurer de sublimes émotions.

Kate n’avait pas consulté Yvan et n’avait même pas envisagé de plan. Elle avait agi sous l’impulsion de son désir. Cette fille lui avait fait diablement envie. Elle avait envie de la goûter, de la chérir, de la toucher. C’était très simple. Yvan qui la connaissait parfaitement dans ses moments d’abandon avait compris ce qui se passait entre elles. Il savait qu’il avait son rôle à tenir mais il leur avait laissé le temps qu’il leur fallait pour consumer le premier acte de leur rencontre charnelle. Dans la pénombre naissante, ému, touché plus que réellement excité, par la vision de sa femme séduisant (envoûtant serait plus juste) cette magnifique demoiselle, il avait longuement et sagement goûté la beauté de l’instant.

La main de Kate

Nausicaa avait voulu respirer Kate à son tour, mais elle l’avait priée de se laisser faire jusqu’au bout. Kate se sentait affamée comme une louve et désirait la savourer encore. Elle releva délicatement sa petite robe bleue pour caresse son ventre, d’abord avec son nez, puis avec son visage. Nausicaa frémissait, se tortillait en retenant des mouvements nerveux de plaisir. Elle ressentait dans son corps comme un feu d’artifice de sensations nouvelles. La main de Kate glissa sur l’étoffe soyeuse de sa petite culotte blanche, doucement, sans appuyer. De sa paume, elle entoura son mont de vénus. Ses doigts glissèrent vers l’arrière, puis revinrent sur le doux tissu. La respiration de Nausicaa s’emballa. Kate allait la rendre folle. Elle insista encore d’un geste régulier. Sa main distinguait parfaitement l’érection de son clitoris. Elle savait exactement ce que sa jeune complice pouvait ressentir. Son sexe était en train de devenir une boule de feu, un noyau atomique, et il n’allait pas tarder à exploser sous la virtuosité ses doigts. Le front en sueur, Nausicaa se mordait les lèvres, tournait la tête dans les coussins du sofa, agrippait la robe de Kate, écartait les cuisses avec impudeur pour s’offrir avec l’espoir qu’on lui arrache le petit morceau de tissu trempé qui lui collait à la chatte, imaginait le regard d’Yvan, pensait à la queue dressée de son amoureux, attendait la langue irrésistible de Kate. La décharge arriva plus vite qu’elle n’avait prévu. Les reins tendus, les fesses durcies, les cuisses à la limite de la crampe, elle cria de bonheur.

Kate avait continué à la dorloter en caressant ses cuisses puis elle l’avait accueillie tendrement dans ses bras. Elle partagea totalement son plaisir en se collant contre sa poitrine pour sentir ses battements émus. Puis elle accepta qu’elle vienne l’embrasser langoureusement.

J’aimerais autre chose

Yvan s’aperçut qu’il avait encore un verre à moitié plein dans la main et le vida d’un trait. La nuit était tombée sur la ville. Il se leva pour allumer quelques bougies autour d’eux. La scène se passait de mots. Aucun n’osa rompre le silence. L’atmosphère s’était remplie de magie. Personne ne voulut prononcer la moindre phrase pendant encore un long moment, comme pour prolonger la beauté de l’instant qu’ils venaient de partager. Kate avait songé à s’occuper aussi de son homme. « Le pauvre, il doit être complètement retourné » s’imaginait-elle. Certes, Yvan était plus qu’émoustillé après avoir vu jouir une si désirable jeune femme sous les expertes malices de sa bien-aimée, mais la soirée aurait très bien pu s’achever ainsi. Il avait éprouvé un plaisir intense en dehors de toute participation concrète à leurs caresses. Il s’était senti inclus dans leurs jeux dans la mesure où Nausicaa avait apprécié sa présence et son regard.

Les yeux rougis, Nausicaa releva la tête pour chercher son verre de vin. Elle sourit à Kate : « Merci, lui fit-elle, on ne m’avait encore jamais fait ça. » Kate se contenta de lui caresser le visage pour lui répondre.
- J’aimerais autre chose maintenant, ajouta Nausicaa : faites l’amour tous les deux, je veux vous regarder.
Kate n’en crut pas ses oreilles. Elle sourit en contemplant le plafond illuminé des flammes chancelantes de bougeoirs, et dans la chaude lumière orangée, elle s’approcha de son mari. Elle le fit se lever et lui demanda de choisir un disque parce qu’elle avait envie de danser avec lui. Pendant qu’il fouillait dans ses CD, elle fit un détour discret vers son sac pour vérifier son téléphone. Elle avait reçu le message de Philip : « 22h14 – Demain, vous penserez à moi et vous ne porterez aucun sous-vêtement. Ph. » L’ordre lui fit l’effet d’une bombe. Son sang se figea. Comment osait-il lui demander une chose pareille ? Elle tenta de se calmer et fit de son mieux pour oublier ce qu’elle venait de lire puis elle revint s’informer des choix musicaux de son mari chéri.

Les effets de l’attente

L’un contre l’autre, ils s’enlacèrent sur quelques rythmes lents, s’embrassèrent se caressèrent, en faisant durer le plaisir. Puis sur le large tapis, ils se rapprochèrent de la jeune femme qui les regardait. Yvan passait ses mains sous la robe de Kate pour lui caresser les reins et les hanches. Kate lui retira sa chemise. Yvan défit le chignon de sa femme et libéra délicatement ses cheveux. Il continua le strip-tease en s’agenouillant devant sa elle : il lui retira son string et se releva. Quelques pas de danse puis elle fit choir son pantalon au sol. Ils quittèrent leurs chaussures. Il ne lui restait plus que son caleçon et Kate était nue sous sa robe. Elle pensa au lendemain et se voyait déambuler avec une jupe courte qui se soulevait avec le vent. La musique balançait délicieusement. Nausicaa vint les aider, comme pour les encourager : elle fit tomber le sous-vêtement d’Yvan à ses chevilles, puis elle passa derrière Kate pour dégrafer sa robe et lui ôter. Puis Nausicaa se dévêtit à son tour et retourna s’asseoir. Yvan colla sa femme dos au mur et lui releva une jambe. D’une main savante qui n’accordait aucune place à la discussion il caressa les lèvres de son sexe gorgé de désir. Leurs bouches se soudèrent l’une à l’autre. Kate affolée par l’assaut de son mari ne pensait même plus à apprécier ses premières caresses. Elle eut à peine le temps de saisir sa queue tendue, impatiente et enragée. Il la pénétra sans plus attendre. Il lui infligea une longue série de merveilleuses secousses qui manquèrent de lui couper le souffle. Elle sentait son mari déchaîné, bourré d’énergie et d’excitation, exactement comme si elle l’avait outrageusement provoqué par quelques mots obscènes ou des poses lubriques. « Les effets de l’attente ont du bon », se dit-elle en jubilant.

Nausicaa ne perdait rien du spectacle et à petites gorgées, elle semblait à apprécier de plus en plus le grand cru qu’on lui avait servi. Elle hésitait encore entre le plaisir pur de la voyeuse et le désir intense de participer à leurs ébats. Elle décida d’attendre un éventuel signe de la part de ses hôtes s’ils voulaient qu’elle se joigne à leurs jeux. Elle était encore sous l’effet de la douce euphorie du puissant orgasme que Kate lui avait prodigué. Elle sentait néanmoins son excitation remonter en flèche en observant le couple s’affairer sauvagement contre le mur, quasiment à la portée de ses mains. Malgré l’envie impérieuse qui l’aurait poussée à s’inviter, elle prit conscience que l’expérience valait la peine d’être vécue au moins une fois jusqu’au bout. Elle mourrait d’envie d’aller les toucher, de les embrasser, de se faire prendre, mais elle était encore plus curieuse de savoir ce qu’elle pouvait découvrir et ressentir en restant exclusivement spectatrice de leurs ardents ébats. Elle se dit aussi que l’occasion de rencontrer de tels amis disposés à une telle débauche sous son regard serait sûrement rare et qu’il ne fallait rien gâcher de cette soirée entre amis. Elle se savait voyeuse depuis longtemps car elle avait toujours aimé regarder avec envie les corps nus, à plus forte raison s’ils s’enlaçaient dans les délices de la volupté. Avec Ménélas, son copain, lorsqu’ils faisaient l’amour, elle adorait se regarder dans la grande glace. Observer son sexe entrer en elle, voir les secousses provoquées par ses mouvements de va-et-vient, se souvenir les enchevêtrements de leurs jambes, regarder ses seins écrasés lorsqu’il s’appuyait contre elle : tout cela multipliait son plaisir et elle le savait. « Ce soir c’est différent, s’était-elle dit. Ils font ça pour moi, je leur ai demandé de faire l’amour devant moi. Je ne sais pas comment j’ai pu oser demander une chose pareille mais je vais en profiter. Sous le porche, je n’avais rien eu le temps de voir. »

Yvan se recula en prenant sa femme par la main puis s’allongea aux pieds de Nausicaa. Il la regarda à l’envers, totalement nue, superbe et songeuse. « Une vraie déesse grecque » se dit-il.
- J’espère que le spectacle te plait, lui avait-il demandé. Peut-être aimerais-tu que l’on passe en revue les positions du Kama-sutra, histoire de parfaire tes connaissances en acrobaties érotiques ?
- Oh non… ! lui avait-elle lascivement répondu, les leçons c’est ennuyeux… continuez selon votre plaisir, ce sera beaucoup plus joli.
Puis elle avait passé ses mains autour de ses seins tendus pour les caresser doucement, sans le quitter des yeux.
Kate vint s'embrocher sur lui sans préambule. Elle enfonça le sexe de son mari aussi profondément qu’elle put au fond de son vagin en se laissant peser de tout son poids sur son bassin. Lorsqu’elle fut certaine qu’elle ne gagnerait pas un millimètre de plus, elle commença à très lentement onduler d’avant en arrière ; puis de droite à gauche, et enfin à la manière d’une chorégraphie orientale, de façon circulaire. Son mouvement avait encore une ampleur quasi imperceptible pour l’œil de Nausicaa. Bientôt, Kate accentua son mouvement. Elle utilisait le pieu de son mari pour s’élargir très progressivement. Ses mouvements encore lents avaient aussi vocation à s’accélérer graduellement pour retenir l’excitation d’Yvan le plus longtemps possible.

Ondulations

Assise face à elle, Nausicaa n’avait pas résisté plus longtemps à l’envie de se masturber. L’application de Kate à faire monter la tension de leur plaisir lui avait semblée irrésistible. Kate ne songeait aucunement à l’attirer physiquement dans leurs jeux. Elle semblait avoir parfaitement compris son envie de les observer. Elle y trouvait son compte aussi, car elle adorait être regardée, quoi qu’elle fasse, en particulier dans ce genre de situation. Ses lointaines origines nordiques étaient peut-être pour quelque chose dans son sens quasi-inexistant de la pudeur. Les mouvements de son bassin travaillaient maintenant puissamment la bite qui la prenait et les parois de son sexe étaient devenues hautement sensibles. A ce stade, Kate avait du mal à maintenir la régularité de ses circonvolutions et elle sentait aux pulsations de son homme que les effets de son exercice devenaient redoutables. Yvan répondait à ses ondulations par des coups de bassin volontairement irréguliers destinés à la surprendre, à la déstabiliser et à provoquer chez elle des vagues de plaisir imprévisibles.

Kate espérait encore pouvoir contrôler la machine infernale qu’elle avait contribué à lancer, mais la volupté qui lui envahissait le ventre était si grande et si forte qu’elle aurait voulu la prolonger des heures entières. Sous ses yeux, les doigts luisants de Nausicaa allaient plonger de plus en plus profondément dans son abricot enflé.
Yvan s’arrêta net, attrapa son bassin pour l’obliger à stopper ses mouvements et exigea une pose. Il entendit le souffle précipité de Nausicaa qui s’envoyait allègrement en l’air. Kate se dégagea de son étreinte. Il s’approcha de leur délicieuse spectatrice et lui demanda de retirer ses doigts pour laisser place à sa langue. « Moi aussi, j’aimerais bien te goûter » lui fit-il. Il lui lécha alors doucement l’entrejambe, sans insister, sans intention de la faire jouir, simplement pour connaître sa saveur secrète. Nausicaa l’avait regardé tirer la langue et la pointer vers son puits de plaisir, glisser chaudement sur ses lèvres charnues et terminer sa course sur son point sensible. Il n’avait pas fait un seul geste de plus. Kate l’avait regardé avec la même intensité puis, impatiente, elle lui avait tourné le dos en reposant son buste à côté de Nausicaa. Il la prit ainsi, assez vivement, jusqu’à ce qu’elle sente les premiers signes de sa jouissance. Il caressa alors de deux doigts légèrement appuyés le clitoris majestueusement durci de sa femme et ne le lâcha plus jusqu’à ce qu’elle réclame grâce.

Puis, sentant sa fatigue, il vint s’asseoir entre ses deux merveilleuses compagnes. Kate avait voulu le faire jouir et que Nausicaa s’en souvienne aussi. Elle prit la queue de son homme, le branla amoureusement, caressa son ventre, ses couilles, le suça quelques instants, vint l’embrasser en lui faisant des compliments sur sa virilité et le félicita de son savoir faire masculin. Elle griffa un peu la peau de ses cuisses, mordit ses tétons, lécha le jus qui perlait sur son gland, et fouilla un peu entre ses fesses. Elle voulait montrer à sa jeune complice les mille et une façons qu’elle connaissait pour exciter un homme et l’amener au plaisir suprême. Elle en rajouta encore en caressant sa bite avec son visage, ses bras, ses seins et même ses cheveux… Nausicaa s’approcha alors pour poser sa bouche sur le bout de son gland et attendre son éjaculation. Il fut terriblement surpris par son audace et apprécia les effet ravageurs de l’infinie douceur de ses lèvres. Il sentit qu’elle l’emportait directement au delà de son point de non-retour. Quelques caresses plus tard, alors que Kate s’attardait sur la hampe tendue, la jeune femme reçut un long jet de sperme dans la gorge. Sa bouche ne quitta pas le sexe d’Yvan jusqu’à son dernier spasme. La voyeuse n’avait pas su rester passive jusqu’au bout du spectacle… mais elle n’était pas prête de le regretter.

Kate s’aperçut que la ville était totalement silencieuse. « Il est tard, remarqua t-elle, si tu veux dormir ici… »



© LD 2006-2007
Illustration : Steve Hanks

Aucun commentaire: