Lors de ce fameux coup de téléphone, Kate avait annoncé à Philip, avec la plus grande sérénité qu’elle désirait le retrouver dès qu’il serait disponible. Elle avait employé un ton détaché et tranquille qui l’avait presque surpris elle-même tant elle était parvenue à dissocier l’expression de son désir de l’émotion qu’elle ressentait à l’idée de toucher à nouveau le corps de cet homme qui l’obsédait régulièrement depuis plusieurs semaines. Lui avait éprouvé un trouble certain en entendant la phrase « J’en ai très envie » sortant de la bouche se cette femme qu’il connaissait encore à peine, même si elle avait été prononcée presque froidement par son interlocutrice. Il avait en tête des propositions à lui soumettre dans le but d’éveiller ses ardeurs. Il savait que leurs occasions de rendez-vous seraient assez rares à cause de ses voyages et de leurs obligations, alors il s’était dit qu’avec un peu d’imagination il y avait d’autres façons de rester en contact avec cette femme attirante et de lui procurer les émotions qu’elle espérait. En premier lieu, il avait pensé à son téléphone, ce merveilleux petit appareil que l’on croirait inventé expressément pour que les amants distants puissent communiquer dans les situations les plus incongrues.
Le souvenir de Cynthia
Il s’était alors souvenu de la jeune Cynthia, cette jolie Bruxelloise de vingt-cinq ans qu’il avait rendue folle pendant quelques mois l’année précédente en lui donnant des « leçons d’érotisme. »
Il avait fait sa connaissance au cours d’une rencontre hippique à Aix-les-Bains. Comme ils faisaient partie du même circuit de compétition et avaient eu toute une saison pour se recroiser régulièrement. Entre deux concours, il lui avait proposé une sorte de marché amical. Sur le ton du défi, la jeune complice prête à toutes les découvertes avait saisi l’occasion avec enthousiasme et gourmandise. Lorsqu’ils se retrouvaient, généralement la veille des compétitions, il lui faisait pleinement profiter des délicieux bénéfices de son attente.
Dans les premiers temps de leur aventure, il lui avait simplement demandé de suivre aveuglément ses consignes et qu’elle pourrait mettre fin à ce jeu si elle le désirait à tout moment. Pour terminer de la mettre en confiance, il lui avait indiqué qu’elle aurait juste à faire quelques petits exercices agréables en son absence, entre deux rencontres, afin de perfectionner sa science de l’amour. A ce stade, il s’était dit qu’il n’aurait pas tellement à se creuser pour imaginer des situations sulfureuses propres à la faire chavirer : il pensait qu’en feuilletant quelques classiques dans sa bibliothèque, il trouverait de quoi enflammer les sens de l’inconsciente demoiselle en douze chapitres chrono. Pourtant bien vite, son esprit inventif avait pris les dessus et il avait voulu se prouver qu’il pouvait faire preuve d’imagination. Au cours du premier mois de leur relation, il lui avait proposé de lui faire redécouvrir les différentes parties sensibles de toute son anatomie. Ensuite il l’avait questionnée avec précision sur ses préférences et ses fantasmes. Enfin, il l’avait amenée à rencontrer d’autres hommes pour assouvir ses désirs en son absence.
La première partie de ses petites leçons avait ainsi consistée, d’une manière un peu systématique mais tout à fait redoutable, à obliger Cynthia à concentrer son attention et sa sensualité sur une seule partie de son corps. Le matin elle recevait un message sur son téléphone qui lui indiquait que pendant toute la journée, elle devait focaliser son désir uniquement sur ses mains, un autre jour sur sa bouche, un autre sur ses fesses et ainsi de suite. Bien-sûr, le jeu consistait aussi à faire reculer les limites du désir en jouant sur l’attente. Pour cela, Philip avait soigneusement choisi l’ordre dans lequel parties corporelles plus ou moins érogènes devaient se trouver investies de manière à ce que la jeune femme soit assez récompensée pour avoir envie de continuer, et suffisamment frustrée pour que l’exercice soit explosif. Il avait donc commencé par lui faire prendre conscience de la sensualité de ses mains, puis de celle de sa bouche. Il avait continué par la redécouverte de ses jambes puis sa nuque. Plus tard elle avait du exercer son dos, puis ses seins et ses hanches. Enfin étaient arrivés ses pieds, ses aisselles, ses oreilles... A ce stade de la découverte il devinait qu’elle avait atteint une sorte d’état d’excitation permanente qui la mettait à la merci de la première stimulation venue. Elle était maintenant capable de jouir en effleurant savamment ses jambes ou de guider un amant pour qu’il l’emmène au nirvana du plaisir en lui caressant habilement la nuque d’une bouche chaude.
La jeune Cynthia s’était montrée une élève exemplaire en suivant le protocole à la lettre, attendant avec impatience chaque signe de Philip comme une délivrance. Cette première phase s’était bien-sûr terminée par l’exploration en règle de tous les plaisirs que son sexe pouvait lui procurer. Un mois après l’avoir rencontrée, il l’avait guidée durant une semaine entière à stimuler ses zones les plus sensibles et les plus intimes de toutes les manières possibles, usant et abusant de toutes les situations de la vie quotidienne et de tous les artifices qui passaient à la portée de son imagination. Il se souvint qu’il avait terminé ce chapitre en lui offrant un superbe gode parfaitement adapté à sa physionomie.
La deuxième partie de ses « leçons » s’était déroulée sous forme de longs échanges écrits et de conversations. Il l’avait d’abord interrogée sur ses premières expériences, ses meilleurs souvenirs et les qualités qu’elle appréciait vraiment chez ses partenaires. Puis il lui avait demandé ce qu’elle n’avait jamais pu vivre pleinement dans les bras d’un amant, sur le plan du plaisir sexuel comme sur celui de la relation personnelle. Il avait alors découvert que Cynthia avait une profonde tendance à apprécier les relations très douces et qu’elle aimait se sentir régresser pendant ses rapports avec des hommes. Cela se manifestait par une forte jouissance lorsqu’elle se sentait totalement prise en charge et protégée par ses amants. Il avait pris bonne note des préférences de sa jeune complice et avait terminé la deuxième partie de ses jeux à distance par l’enquête sur ses fantasmes. La belle avait eu un peu de mal à avouer franchement ce qu’elle désirait malgré toute la confiance qu’elle accordait à son professeur de plaisirs. Bien qu’elle fut sérieusement délurée, les vieilles traces de son éducation catholique l’avaient, à cette étape, limitées dans son expression et il avait fallu tout le tact et la bienveillance du charmant Philip pour qu’elle ouvre le coffre de ses rêves. En quelques lettres manuscrites qui ressemblaient à une longue confession, elle lui avait fait part de ses envies les plus troubles, celles qu’elle n’avait jamais avouées à personne, pas même à sa meilleure amie Sylvie avec qui elle partageait presque tout. Philip s’était donc retrouvé avec les clés de son âme entre les mains, et il les avait utilisées avec toute l’attention et la gravité que cette marque de confiance exigeait.
La dernière étape de leurs leçons érotiques avait permis aux deux complices de mettre en œuvre toutes leurs découvertes. L’accord quasi parfait qui les liait dorénavant avait fait de leurs dernières rencontres des moments sublimes. Il s’était occupé d’elle comme personne et il avait continué à lui procurer du plaisir même en son absence. Puis sachant qu’il ne resterait pas indéfiniment son compagnon de jeux à cause de leur éloignement et de leurs obligations, et aussi de leur différence d’âge, il s’était retiré sur la pointe des pieds et l’avait laissée s’envoler en gardant jalousement un œil sur elle, car il savait qu’il avait fait d’elle une femme révélée à elle-même et que ses nouveaux compagnons seraient des hommes comblés.
Depuis cette drôle de rencontre, Philip avait quelquefois réfléchi à la démarche qu’ils avaient suivi sans l’avoir tout à fait planifiée. Il avait tenté de comprendre ce qui avait provoqué un tel sentiment de magie et de réussite entre eux. Et il s’était rapidement aperçu que l’expérience méritait d’être prolongée… Par chance, Kate semblait disposée à se prêter à ce genre d’explorations. Au bout de la ligne elle entendait sa respiration.
Petits jeux
« Kate, avait-il demandé, avez-vous encore un petit moment ? J’avais envie de vous dire comment vous avez éveillé mon imagination depuis notre conversation d’hier.
- Je vous écoute cher ami !
- Aimeriez-vous que dans les périodes où nous ne pourrons pas nous voir, nous communiquions parfois, par téléphone par exemple ?
- Oui, si ça reste discret, j’en serai ravie bien-sûr !
- D’accord alors, je vous proposerai quelquefois des petits jeux. Et si je vous importune, vous n’aurez qu’à me dire que vous n’êtes pas disponible.
- Je vous fais confiance, soyez tranquille. Mais de quel genre de jeux s’agit-il ?
- Des jeux troublants, des petites choses à faire en pensant à moi, par exemple, avait-il répondu l’air désinvolte. Si vous êtes très joueuse, j’aurai aussi d’autres idées. Vous aimeriez que l’on fasse un petit essai pour mieux vous rendre compte ?
- Aujourd’hui, ça risque d’être difficile, je ne vais plus être seule bientôt, mais vous pouvez m’envoyer un message un peu plus tard si vous voulez.
- C’est d’accord, je pense que ça devrait vous plaire. Je crois qu’on ne va pas s’ennuyer tous les deux ! avait-il conclu en essayant de dissimuler sa jubilation.
- Dites-moi plutôt où vous vous trouvez en ce moment. Avez-vous prévu des voyages à Paris ?
- Pour tout vous dire, j’aurai besoin de venir presque chaque semaine jusqu’à la période de Noël. Mon travail m’oblige rencontrer de nouveaux clients pour préparer toute la période des fêtes. Ensuite ce sera plus calme.
- Cela offre bien des possibilités… Vous devez venir quand la prochaine fois ?
- En fait, je suis juste à côté de la place Köenig vers la porte des Ternes. Je suis encore dans la capitale pendant vingt-quatre heures.
- Je rêve ! Vous auriez pu me le dire tout de suite !
- Je ne voulais pas vous perturber au dernier moment.
- Merci de votre délicatesse, mais j’aime bien quand vous me perturbez, vous l’ignoriez ? Il faut maintenant que je vous laisse. Je vous embrasse. J’adore vous entendre.
- A bientôt Kate, je vous embrasse aussi.
Derniers préparatifs
Elle était encore restée quelques instants à ressentir les belles vibrations de la voix de Philip dans son oreille. Elle ne se lassait pas de l’écouter. Elle l’avait trouvé particulièrement habile de continuer à la séduire et à éveiller ses envies. Elle venait de se rendre compte que son entrecuisse était devenu humide au cours de cette conversation aussi prometteuse que compromettante. Elle allait attendre fébrilement le message qu’il devait lui laisser pendant toute la soirée. Elle s’attendait à toutes les audaces de la sa part. Elle avait réalisé qu’il avait su semer en elle comme un germe d’impatience et de curiosité propre à la mobiliser et lui faire prendre certains risques. Cette sensation lui plaisait. Elle se savait déjà à la merci des prochains caprices de cet homme. Mais elle l’avait aussi parfaitement choisi.
Léger retard
Kate avait regardé la petite pendule de la cuisine en sortant des verres : « Yvan est en retard », avait-elle remarqué. Elle avait décidé d’en profiter pour aller se doucher rapidement en l’attendant. Puis elle était allée choisir un vêtement pour se sentir belle et lui plaire. Elle avait hésité entre une tenue franchement sexy et quelque chose de plus décontracté. Elle avait fini par opter pour une robe courte mais pas trop provocante. Elle voulait surtout éviter que l’invitée se sente agressée par une apparence arrogante. Elle avait relevé ses cheveux en chignon pour dégager sa nuque, qu’elle savait gracieuse. Puis elle avait soigneusement choisi un collier de quartz rose assorti à sa tenue et des chaussures d’été à petits talons. Elle s’était regardée quelques instants et s’était trouvée à l’image de ce qu’elle pensait être : une femme désirable, totalement féminine. « Ce soir, s’était-elle avouée félicitée, je me plais bien. » En terminant de se maquiller, elle avait entendu Yvan tourner la clé de la porte. Elle le vit arriver en compagnie de Nausicaa.
Le souvenir de Cynthia
Il s’était alors souvenu de la jeune Cynthia, cette jolie Bruxelloise de vingt-cinq ans qu’il avait rendue folle pendant quelques mois l’année précédente en lui donnant des « leçons d’érotisme. »
Il avait fait sa connaissance au cours d’une rencontre hippique à Aix-les-Bains. Comme ils faisaient partie du même circuit de compétition et avaient eu toute une saison pour se recroiser régulièrement. Entre deux concours, il lui avait proposé une sorte de marché amical. Sur le ton du défi, la jeune complice prête à toutes les découvertes avait saisi l’occasion avec enthousiasme et gourmandise. Lorsqu’ils se retrouvaient, généralement la veille des compétitions, il lui faisait pleinement profiter des délicieux bénéfices de son attente.
Dans les premiers temps de leur aventure, il lui avait simplement demandé de suivre aveuglément ses consignes et qu’elle pourrait mettre fin à ce jeu si elle le désirait à tout moment. Pour terminer de la mettre en confiance, il lui avait indiqué qu’elle aurait juste à faire quelques petits exercices agréables en son absence, entre deux rencontres, afin de perfectionner sa science de l’amour. A ce stade, il s’était dit qu’il n’aurait pas tellement à se creuser pour imaginer des situations sulfureuses propres à la faire chavirer : il pensait qu’en feuilletant quelques classiques dans sa bibliothèque, il trouverait de quoi enflammer les sens de l’inconsciente demoiselle en douze chapitres chrono. Pourtant bien vite, son esprit inventif avait pris les dessus et il avait voulu se prouver qu’il pouvait faire preuve d’imagination. Au cours du premier mois de leur relation, il lui avait proposé de lui faire redécouvrir les différentes parties sensibles de toute son anatomie. Ensuite il l’avait questionnée avec précision sur ses préférences et ses fantasmes. Enfin, il l’avait amenée à rencontrer d’autres hommes pour assouvir ses désirs en son absence.La première partie de ses petites leçons avait ainsi consistée, d’une manière un peu systématique mais tout à fait redoutable, à obliger Cynthia à concentrer son attention et sa sensualité sur une seule partie de son corps. Le matin elle recevait un message sur son téléphone qui lui indiquait que pendant toute la journée, elle devait focaliser son désir uniquement sur ses mains, un autre jour sur sa bouche, un autre sur ses fesses et ainsi de suite. Bien-sûr, le jeu consistait aussi à faire reculer les limites du désir en jouant sur l’attente. Pour cela, Philip avait soigneusement choisi l’ordre dans lequel parties corporelles plus ou moins érogènes devaient se trouver investies de manière à ce que la jeune femme soit assez récompensée pour avoir envie de continuer, et suffisamment frustrée pour que l’exercice soit explosif. Il avait donc commencé par lui faire prendre conscience de la sensualité de ses mains, puis de celle de sa bouche. Il avait continué par la redécouverte de ses jambes puis sa nuque. Plus tard elle avait du exercer son dos, puis ses seins et ses hanches. Enfin étaient arrivés ses pieds, ses aisselles, ses oreilles... A ce stade de la découverte il devinait qu’elle avait atteint une sorte d’état d’excitation permanente qui la mettait à la merci de la première stimulation venue. Elle était maintenant capable de jouir en effleurant savamment ses jambes ou de guider un amant pour qu’il l’emmène au nirvana du plaisir en lui caressant habilement la nuque d’une bouche chaude.
La jeune Cynthia s’était montrée une élève exemplaire en suivant le protocole à la lettre, attendant avec impatience chaque signe de Philip comme une délivrance. Cette première phase s’était bien-sûr terminée par l’exploration en règle de tous les plaisirs que son sexe pouvait lui procurer. Un mois après l’avoir rencontrée, il l’avait guidée durant une semaine entière à stimuler ses zones les plus sensibles et les plus intimes de toutes les manières possibles, usant et abusant de toutes les situations de la vie quotidienne et de tous les artifices qui passaient à la portée de son imagination. Il se souvint qu’il avait terminé ce chapitre en lui offrant un superbe gode parfaitement adapté à sa physionomie.
La deuxième partie de ses « leçons » s’était déroulée sous forme de longs échanges écrits et de conversations. Il l’avait d’abord interrogée sur ses premières expériences, ses meilleurs souvenirs et les qualités qu’elle appréciait vraiment chez ses partenaires. Puis il lui avait demandé ce qu’elle n’avait jamais pu vivre pleinement dans les bras d’un amant, sur le plan du plaisir sexuel comme sur celui de la relation personnelle. Il avait alors découvert que Cynthia avait une profonde tendance à apprécier les relations très douces et qu’elle aimait se sentir régresser pendant ses rapports avec des hommes. Cela se manifestait par une forte jouissance lorsqu’elle se sentait totalement prise en charge et protégée par ses amants. Il avait pris bonne note des préférences de sa jeune complice et avait terminé la deuxième partie de ses jeux à distance par l’enquête sur ses fantasmes. La belle avait eu un peu de mal à avouer franchement ce qu’elle désirait malgré toute la confiance qu’elle accordait à son professeur de plaisirs. Bien qu’elle fut sérieusement délurée, les vieilles traces de son éducation catholique l’avaient, à cette étape, limitées dans son expression et il avait fallu tout le tact et la bienveillance du charmant Philip pour qu’elle ouvre le coffre de ses rêves. En quelques lettres manuscrites qui ressemblaient à une longue confession, elle lui avait fait part de ses envies les plus troubles, celles qu’elle n’avait jamais avouées à personne, pas même à sa meilleure amie Sylvie avec qui elle partageait presque tout. Philip s’était donc retrouvé avec les clés de son âme entre les mains, et il les avait utilisées avec toute l’attention et la gravité que cette marque de confiance exigeait.
La dernière étape de leurs leçons érotiques avait permis aux deux complices de mettre en œuvre toutes leurs découvertes. L’accord quasi parfait qui les liait dorénavant avait fait de leurs dernières rencontres des moments sublimes. Il s’était occupé d’elle comme personne et il avait continué à lui procurer du plaisir même en son absence. Puis sachant qu’il ne resterait pas indéfiniment son compagnon de jeux à cause de leur éloignement et de leurs obligations, et aussi de leur différence d’âge, il s’était retiré sur la pointe des pieds et l’avait laissée s’envoler en gardant jalousement un œil sur elle, car il savait qu’il avait fait d’elle une femme révélée à elle-même et que ses nouveaux compagnons seraient des hommes comblés.
Depuis cette drôle de rencontre, Philip avait quelquefois réfléchi à la démarche qu’ils avaient suivi sans l’avoir tout à fait planifiée. Il avait tenté de comprendre ce qui avait provoqué un tel sentiment de magie et de réussite entre eux. Et il s’était rapidement aperçu que l’expérience méritait d’être prolongée… Par chance, Kate semblait disposée à se prêter à ce genre d’explorations. Au bout de la ligne elle entendait sa respiration.
Petits jeux
« Kate, avait-il demandé, avez-vous encore un petit moment ? J’avais envie de vous dire comment vous avez éveillé mon imagination depuis notre conversation d’hier.
- Je vous écoute cher ami !
- Aimeriez-vous que dans les périodes où nous ne pourrons pas nous voir, nous communiquions parfois, par téléphone par exemple ?
- Oui, si ça reste discret, j’en serai ravie bien-sûr !
- D’accord alors, je vous proposerai quelquefois des petits jeux. Et si je vous importune, vous n’aurez qu’à me dire que vous n’êtes pas disponible.
- Je vous fais confiance, soyez tranquille. Mais de quel genre de jeux s’agit-il ?
- Des jeux troublants, des petites choses à faire en pensant à moi, par exemple, avait-il répondu l’air désinvolte. Si vous êtes très joueuse, j’aurai aussi d’autres idées. Vous aimeriez que l’on fasse un petit essai pour mieux vous rendre compte ?
- Aujourd’hui, ça risque d’être difficile, je ne vais plus être seule bientôt, mais vous pouvez m’envoyer un message un peu plus tard si vous voulez.
- C’est d’accord, je pense que ça devrait vous plaire. Je crois qu’on ne va pas s’ennuyer tous les deux ! avait-il conclu en essayant de dissimuler sa jubilation.
- Dites-moi plutôt où vous vous trouvez en ce moment. Avez-vous prévu des voyages à Paris ?
- Pour tout vous dire, j’aurai besoin de venir presque chaque semaine jusqu’à la période de Noël. Mon travail m’oblige rencontrer de nouveaux clients pour préparer toute la période des fêtes. Ensuite ce sera plus calme.
- Cela offre bien des possibilités… Vous devez venir quand la prochaine fois ?
- En fait, je suis juste à côté de la place Köenig vers la porte des Ternes. Je suis encore dans la capitale pendant vingt-quatre heures.
- Je rêve ! Vous auriez pu me le dire tout de suite !
- Je ne voulais pas vous perturber au dernier moment.
- Merci de votre délicatesse, mais j’aime bien quand vous me perturbez, vous l’ignoriez ? Il faut maintenant que je vous laisse. Je vous embrasse. J’adore vous entendre.
- A bientôt Kate, je vous embrasse aussi.
Derniers préparatifs
Elle était encore restée quelques instants à ressentir les belles vibrations de la voix de Philip dans son oreille. Elle ne se lassait pas de l’écouter. Elle l’avait trouvé particulièrement habile de continuer à la séduire et à éveiller ses envies. Elle venait de se rendre compte que son entrecuisse était devenu humide au cours de cette conversation aussi prometteuse que compromettante. Elle allait attendre fébrilement le message qu’il devait lui laisser pendant toute la soirée. Elle s’attendait à toutes les audaces de la sa part. Elle avait réalisé qu’il avait su semer en elle comme un germe d’impatience et de curiosité propre à la mobiliser et lui faire prendre certains risques. Cette sensation lui plaisait. Elle se savait déjà à la merci des prochains caprices de cet homme. Mais elle l’avait aussi parfaitement choisi.
Léger retard
Kate avait regardé la petite pendule de la cuisine en sortant des verres : « Yvan est en retard », avait-elle remarqué. Elle avait décidé d’en profiter pour aller se doucher rapidement en l’attendant. Puis elle était allée choisir un vêtement pour se sentir belle et lui plaire. Elle avait hésité entre une tenue franchement sexy et quelque chose de plus décontracté. Elle avait fini par opter pour une robe courte mais pas trop provocante. Elle voulait surtout éviter que l’invitée se sente agressée par une apparence arrogante. Elle avait relevé ses cheveux en chignon pour dégager sa nuque, qu’elle savait gracieuse. Puis elle avait soigneusement choisi un collier de quartz rose assorti à sa tenue et des chaussures d’été à petits talons. Elle s’était regardée quelques instants et s’était trouvée à l’image de ce qu’elle pensait être : une femme désirable, totalement féminine. « Ce soir, s’était-elle avouée félicitée, je me plais bien. » En terminant de se maquiller, elle avait entendu Yvan tourner la clé de la porte. Elle le vit arriver en compagnie de Nausicaa.
© LD 2006-2007
Illustration : Manara
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