Les quatre femmes avaient pris le train en fin de matinée dans une ambiance électrique. En fermant leurs bagages elles avaient évoqué leurs souvenirs et s’étaient souvenues de leurs premières vacances ensemble dans la Drôme. C’est là que Lucie avait vécu ses premières aventures un soir de mai, avec un berger prénommé Igor assez éméché mais très beau qui était venu au village à l’occasion des fêtes de l’Ascension. Ce grand brun frisé et rustique que certains villageois surnommaient le Génie des alpages avait tout du pâtre grec. Ils avaient dansé et étaient partis main dans la main après quelques slows, dans un champ au bord du village. Lucie est la plus réservée des trois sœurs mais possède le charme des vraies rousses auquel peu d’hommes peuvent résister. Sa beauté lui vient surtout de l’harmonie angélique des courbes de son visage. Mais son air faussement boudeur lui confère un caractère enfantin et elle a toujours su provoquer les situations propices à l’exercice de sa séduction. Kate lui avait fait remarquer que le soleil de la Bretagne avait éclairci sa chevelure qui confinait maintenant au blond vénitien. Chloé avait rajouté qu’elle allait faire craquer tous les mâles de son quartier en revenant à Aix-en Provence.
A présent leurs vacances en commun avaient le parfum de l’exceptionnel car depuis quelques années la vie les avait progressivement dispersées. Elles savouraient donc d’autant plus intensément le luxe de ces moments partagés et complices. Entre filles quelques jours, ce rapprochement les ressourçait bien mieux que toute autre forme de vacances programmées ou de voyage exotique.
Le départ
Dans le taxi qui les avait amenées à la gare, Théa avait fini par parler timidement aux autres femmes de sa rencontre avec Léo avant les vacances car elle redoutait une déception. Sa dernière liaison s’était terminée par des souffrances et elle avait encore du mal à oser aimer. Ses trois amies avaient manifesté une grande joie à cette nouvelle et auraient voulu savoir quand elle leur présenterait. Mais elle n’avait pas répondu. Les quatre femmes s’étaient séparées à la gare de Quimper. Kate avait pris le train pour Paris en compagnie de Chloé. Lucie et Théa devaient retrouver leur oncle Justin à Vannes avant de repartir à Grenoble et Aix en Provence le samedi suivant.
Au cours du voyage Kate et Chloé avaient encore beaucoup discuté. Elles savaient qu’une parenthèse se refermait au fil des kilomètres qui filaient. Les délicieux moments qu’elles avaient vécus pendant ces jours de vacances resteraient dans leurs plus chers souvenirs. La vie habituelle allait devoir reprendre ses droits. Elles ne retrouveront pas la saveur enivrante de la liberté estivale au cours de leur existence normale, pensaient-elles. Elles avaient décidé cependant de se retrouver plus souvent entre les vacances. Elles s’étaient aussi promises de se présenter leurs hommes.
Le nouveau compagnon de Chloé était de cinq ans plus jeune qu’elle. Elle l’avait rencontré pendant une session de formation l’hiver dernier. Leur entente parfaite ressemblait à un rêve. Lorsque Kate l’avait vu en photo la première fois, elle avait souri d’une façon gourmande en remarquant qu’il avait une ressemblance troublante avec Fabien Lebel, un de ses acteurs préférés, ce jeune premier plein de talent très demandé depuis son dernier film « Partage-moi ».
Yvan
Le TGV atlantique gris et bleu s’était immobilisé dans le crissement de l’acier à 21 heures 13 sur le quai 11 de la gare Montparnasse. Les deux femmes étaient descendues sur le quai et s’étaient séparées après une brève étreinte remplie de tendresse. A quelques minutes des retrouvailles avec son mari, Kate avait senti se mélanger en elle des sentiments contradictoires. Elle quittait son amie avec regret et désirait ardemment retrouver les bras de son homme. Elle cherchait aussi à se détacher du souvenir de Philip qui le poursuivait mais elle continuait à espérer le revoir malgré elle. En cherchant du regard la silhouette de son mari elle s’était sentie paniquer quelques instants.
« Et s’il devinait mon aventure au premier regard… ? Aurait-il pu flairer une infidélité d’un simple coup d’œil … Non, se dit-elle, c’est impossible, il ne pense pas à ça. »
Puis elle l’avait aperçu entre les autres voyageurs, à contre courant. Yvan est un homme de quarante et un ans au physique solide. Il habite à Paris à contre cœur et par obligation professionnelle mais il accepte beaucoup mieux les contraintes de la vie urbaine depuis que Kate fait partie de sa vie. C’est un homme de la terre qui aime sentir les saisons et les éléments de la nature autour de lui. Ses responsabilités à Greenpeace ne lui permettaient plus de rester vivre dans ses Pyrénées natales. Ce qui a plu à Kate chez cet homme plutôt rustique est ce mélange de force et de sensualité qui émane naturellement de lui. Elle sentait en lui comme des vibrations animales qu’on aurait domestiquées sans les corrompre. Bien sur elle avait été séduite lorsqu’elle l’avait entendu évoquer ses convictions écologistes au sujet de la situation des ours pyrénéens. Mais elle avait réellement été subjuguée par ses mots quand il avait évoqué pour elle les paysages ariégeois qu’elle ne connaissait pas encore. Son récit pourtant si simple l’avait littéralement fait voyager. En réalité c’est sa voix chaude et ses intonations rocailleuses qui l’avaient surtout beaucoup troublées. Elle se souvenait souvent de ce premier rendez-vous en tête-à-tête dans un restaurant de Toulouse. C’était il y a huit ans déjà.
Kate avait retrouvé son homme avec un sourire incontrôlable. Il était venu à sa rencontre à sa façon bien à lui, en la fixant de loin dans les yeux sans précipiter le pas et en avançant droit vers elle. Ils s’étaient retrouvés dans une émotion intacte, profondément heureux de pouvoir s’enlacer à nouveau. Il l’avait serrée et portée quelques instants en enfouissant sa bouche sans sa nuque. Elle avait savouré sa chaleur masculine et ses quelques mots. Puis il avait pris son sac le plus lourd et ils étaient sortis par la porte Océane.
Dans le taxi qui les avait ramené chez eux, elle avait tenu le bras d’Yvan en lui donnant des nouvelles de ses sœurs et il lui avait répondu qu’il regrettait de n’avoir pas pu se joindre à elles pour ce séjour. La cellule asiatique de Greenpeace avait bien eu besoin du renfort des militants européens pour préparer la campagne de lutte contre les pêches aux baleines au large du Japon. Ils avaient rapidement déposé les bagages et étaient ressortis pour le plaisir des dernières longues journées d’été.
Kate avait aimé ce moment de fin de journée. Elle a toujours aimé cette heure où les gens semblent libérés de leur labeur : cette heure un peu floue où la soirée commence à peine. Cette heure où l’on peut observer des gens rentrer chez eux en retard, des couples en quête d’un restaurant, d’une adresse d’amis ou d’un programme de cinéma. C’est l’heure de transition où les lieux de distraction préparent la soirée. On y voit des promeneurs flâner, indécis. Pour Kate c’est une heure délicieuse remplie de possibles surprises, de disponibilité et d’insouciance, un moment qu’elle a toujours ressenti comme euphorisant. Au mois d’août en particulier, elle adorait sentir la nonchalance de la ville qui se donnait, cosmopolite, aux touristes venus des quatre coins du monde.
Plus belle que jamais
Ils avaient décidé d’aller dîner en amoureux dans un restaurant de Saint-Germain-des-Prés pour célébrer leurs retrouvailles. Au cours du repas, Yvan s’était senti tomber amoureux une nouvelle fois de sa femme. Il l’avait trouvée plus désirable et plus belle que jamais. Il s’était attardé sur ses yeux clairs et s’était évadé sur sa peau délicieusement brunie et si peu couverte par sa robe d’été. Il s’était dit qu’il aurait voulu la séduire comme s’il ne l’avait jamais rencontrée auparavant. Mais ils avaient déjà joué à ça une fois, il aurait eu l’impression de se répéter. Sous son regard amoureux, Kate s’était sentie lumineuse et pleine d’énergie érotique. Leur repas un peu trop arrosé de vin d’alsace l’avait euphorisée et elle aurait même apprécié d’aller danser, mais elle avait redécouvert les mains d’Yvan qui s’exprimaient avec élégance et précision sous ses yeux. En s’attardant à les observer, elles lui avaient donné d’autres envies bien plus câlines.
En sortant du restaurant, elle lui avait dit sur un ton provocateur qu’elle avait follement envie d’être troussée derrière une porte cochère. Elle savait qu’en cette circonstance, il n’en fallait pas plus à son cher mari pour qu’il s’enflamme avec passion. Yvan avait beaucoup pensé à sa femme en son absence et lors de ses soirées solitaires il avait élaboré quelques scénarios-surprise pour sa tendre épouse. Alors, quand elle s’était montrée féline en se haussant à son oreille sur la pointe des pieds alors que la porte du restaurant n’était pas encore refermée derrière eux, il avait accueilli son envie avec les yeux pétillants de l’homme à qui l’on vient de promettre le paradis. Il l’avait attirée contre lui en passant sa main derrière ses reins. Elle avait continué à lui miauler à l’oreille qu’elle n’en pouvait plus d’attendre. Il avait nettement perçu la chaleur de son ventre contre sa hanche.
A l’aveugle
La soirée avançait et il commençait à faire sombre. Ils avaient fait quelques pas à la recherche d’une entrée discrète pour disposer de la marge de manœuvre nécessaire. A l’angle de la rue Visconti il l’avait dirigée dans le recoin sombre de l’entrée de service d’un magasin de décoration. Il s’était installé dos au mur et avait voulu qu’elle lui tourne le dos pour qu’il puisse la caresser à sa guise. Il avait effleuré son visage à l’aveugle, comme s’il avait voulu redécouvrir du bout des doigts la beauté de ses traits, la douceur de ses joues, la finesse des courbes de son nez. Puis il avait parcouru ses seins, son ventre et ses cuisses en s’attardant le temps qu’il fallait pour qu’elle sente pleinement son désir et Kate avait frémi à chaque mouvement de ses mains. Elle aurait voulu participer de la même manière en le caressant mais elle s’était forcée à le laisser faire, sachant que son tour viendrait. Quand il avait passé ses mains sous sa robe pour remonter jusqu’à la peau tendue de ses tétons, elle avait eu dans le dos une longue et délicieuse décharge qui l’avait obligée à se cambrer et à renverser sa tête en arrière. Elle aurait voulu savourer pleinement ce bien être mais son désir l’avait dépassée. Elle avait immédiatement cherché l’ouverture du pantalon de son mari derrière elle et avait saisi son sexe à l’aveuglette de ses deux mains nerveuses. Elle l’avait sorti par l’ouverture déboutonnée et avait doucement serré cette chair pour en estimer la consistance. Elle avait constaté que sa queue semblait déjà prête à fourrager n’importe quel orifice qui se présenterait à elle. Puis elle avait glissé une main entre les jambes de son mari pour glisser sous ses couilles et les extraire totalement du pantalon ouvert. Elle avait tenu à ce que tout l’appareil de son homme soit à sa disposition. Yvan avait continué à masser langoureusement ses seins en soulevant ostensiblement sa robe. Il espérait plus ou moins qu’un habitant ou un passant égaré surprenne les formes gracieuses de sa femme qui se courbaient sous le plaisir.
Un objet de plaisir
Il avait du lâcher prise quand elle s’était retournée face à lui pour l’embrasser à pleine bouche jusqu’à lui couper le souffle. A travers ce baiser elle lui avait semblé exceptionnellement excitée. Elle cherchait plus à le dévorer, à le mordre, à l’asphyxier qu’à lui donner de doux coups de langue ou à goûter la tiédeur de sa bouche. Il s’était surpris à imaginer cette bouche furieuse sur sa pine et avait craint un instant qu’elle ne maîtrise pas ses morsures. Kate avait du lire dans ses pensées et n’avait eu qu’à s’accroupir pour emboucher le membre tendu et impatient de son mari. La fureur de son baiser s’était répétée comme si elle avait voulu lui montrer qu’elle le tenait à sa merci dans cette posture vulnérable. Avec cette queue adorée dans la bouche, Kate avait senti qu’à ce rythme sa propre excitation augmentait rapidement. Sa chatte criait famine. Du fond de son ventre à l’extrémité de son clitoris, Kate sentait l’envie déferler par vagues incontrôlables. La bouche avide, le cerveau en ébullition et l’entrecuisse en feu, elle s’était relevée contre le torse de son homme. En pliant un genou pour faciliter le passage elle avait elle même frotté le gland gonflé, humide et brûlant d’Yvan contre son con entrouvert et son noyau durci. La main de Kate avait pris cette bite comme un objet de plaisir qui lui aurait réellement appartenu. Elle avait poussé sous les couilles pour se le mettre brusquement, pour le faire entrer en elle sans préambules. Elle avait tellement eu envie de sentir à nouveau en elle la pression bienfaisante de cette queue qui l’avait mille fois fait jouir. Elle aimait la prendre à sa manière, l’obliger à entrer par effraction, la surprendre pour la faire frémir de bonheur, l’obliger à s’introduire plus vite que prévu quand l’urgence du désir l’imposait.
Juchée sur une seule jambe Kate avait craint de ne pas tenir très longtemps dans cette position, mais Yvan avait eu la bonne idée de placer ses mains sous ses fesses pour la maintenir et l’alléger. Elle avait donc eu toutes les ressources nécessaires pour s’empaler tranquillement et aussi longtemps qu’il lui fallait pour ressentir les premiers spasmes annonciateurs de l’orgasme.
Une porte avait claqué au fond de la cour. Une jeune fille aux allures d’étudiante s’était dirigée vers la sortie en marchant droit vers le couple enlacé sans les voir. Les deux amants étaient restés quelques secondes pétrifiés par la surprise mais n’avaient nullement songé à rajuster leur tenue. La fille avait fini par distinguer leurs silhouettes débraillées à quelques mètres dans la demi pénombre. Elle les avait dévisagés avec un mélange de surprise et d’amusement dans le regard et leur avait adressé un « Bonsoir messieurs dames ! » rieur qui résonne encore dans le souvenir de Kate.
Un regard sur ses seins
Bien que la jeune fille ait ralenti le pas, probablement grisée par la sensualité de cette scène découverte par surprise, elle avait continué son chemin en voulant éviter de trop déranger le couple enlacé. Kate avait été légèrement coupée dans l’élan de ses émotions mais son excitation n’était pas retombée le moins du monde. Elle avait senti le regard de la fille sur ses reins et le haut de ses jambes. Elle s’était dit que cette fille avait sûrement envié ce couple audacieux qui s’autorisait à s’envoyer en l’air en pleine ville dans l’entrée de son immeuble. Yvan avait été surpris et immobilisé quelques instants en pleine étreinte mais il avait aussi été troublé par le fait qu’au ton de sa voix, la demoiselle semblait avoir plutôt considéré leur présence incongrue comme une surprise agréable qui stimulerait son imaginaire quelque temps.
Ils avaient eu un rire de surprise après son passage, un peu comme des enfants que l’on aurait surpris en train de piocher dans la boite des bonbons, et ils avaient immédiatement repris leurs activités lubriques. Un réverbère venait de s’allumer au-dessus du trottoir.
« Mon chéri, j’ai très envie de te tourner le dos maintenant. » Kate s’était mise face au mur en tenant la grille pour qu’Yvan la prenne encore. Idéalement échauffés, ils avaient senti leur plaisir augmenter synchroniquement très vite. Ils savaient tous les deux qu’ils avaient encore une longue nuit pour se retrouver et se donner tout le plaisir qu’ils n’avaient pas pu partager pendant toute cette semaine de séparation. Mais l’envie de jouir et l’enthousiasme physique de Kate étaient si forts qu’elle n’avait pas laissé l’occasion à son homme de se ménager en marquant une légère pause ou en ralentissant le rythme de son étreinte. Accrochée aux barreaux, les bras tendus, elle s’était penchée pour provoquer pleinement son mâle en lui offrant ses reins exagérément cambrés et son magnifique cul bronzé. Puis elle avait écarté ses pieds un peu plus pour faciliter sa pénétration. Juchée sur ses talons hauts à hauteur idéale, elle s’était fait pilonner avec délice en collant sa bouche à son épaule pour tenter d’étouffer ses cris. En vain.
C’est à la musique de ses petits cris stridents tellement émouvants qu’Yvan avait finalement cédé à ses charmants impératifs féminins. Il s’était dit que leur petit détour entre le restaurant et son appartement avait finalement été très amusant. Mais la soirée n’en était qu’à son début.
La douche
Les deux amants s’étaient sentis très stimulés par ces retrouvailles teintées d’insolite et de précipitation. Ils avaient rajusté leurs habits froissés et leurs coiffures désordonnées en rejoignant discrètement le trottoir. Ils étaient arrivés à l’appartement en se précipitant pour se déshabiller et partager une douche rafraîchissante. Cette toilette en commun était un de leurs plus grands plaisirs. C’était comme prendre soin amoureusement de l’autre à travers les caresses de la mousse et de l’eau. Ils savaient s’amuser et profiter des multiples prétextes du savonnage, des grattouillis du gant de crin et des lotions exfoliantes pour provoquer de délicieux frissons de bien-être ou de surprise en insistant par des caresses prolongées ou des inspections faussement innocentes sur les zones les plus réceptives de leurs anatomies. Ils cultivaient avec entrain les arts du massage et de la caresse sous toutes leurs formes. Aucune raison n’était insuffisante pour tâter, malaxer, effleurer ou chatouiller le corps désiré de l’autre au cours de ces séances de réjouissances aquatiques.
Kate avait quelquefois profité des effets de l’eau pour expérimenter des caresses inédites. Avec un de ses premiers petits amis elle s’était essayée à la fellation à l’occasion d’une escapade dans une cabine de douche de piscine, s’assurant ainsi habilement de son hygiène. Au cours de ses premières expériences avec des garçons de son âge, elle avait souvent craint de se retrouver avec un partenaire indélicat par sa négligence corporelle. Ses séances de douches, à deux et parfois à trois ou quatre, entre filles bien souvent, avaient imprimé en elle l’association du plaisir et des arômes de toutes sortes que l’on rencontre dans une salle de bain : shampoing à la pêche, gel-douche à l’orchidée sauvage, savon à l’huile d’amande douce… Elle raffolait maintenant de toutes les stimulations que son mari pouvait lui prodiguer dans la salle de bain, devenue espace érotique par excellence. Parfois en passant dans un rayon de produits de toilette, elle allait sentir un shampooing dans le but express de revivre un souvenir agréable.
Yvan avait consacré un moment à la redécouverte du corps mouillé de Kate. De ses mains glissantes et savonneuses il avait marqué une préférence pour de tendres enveloppements et des contacts avec de grandes surfaces de peau. Il avait eu envie de la fêter, de l’honorer, de rendre hommage à sa beauté si féminine. Accroupi face à elle, il l’avait regardé se ravir de l’eau qui tombait sur sa poitrine. Il avait approché sa bouche de sa fente ruisselante d’eau tiède pour boire à cette fontaine si délicieusement désaltérante. Lentement il avait lapé de sa douce langue les lèvres gonflées de sa naïade. Observant attentivement les réactions d’excitation de son bouton d’amour, il avait attendu qu’il soit parfaitement tendu pour lui donner le réconfort qu’il attendait. D’une pression de sa bouche entrouverte, il lui avait offert le plus doux et le plus chaleureux des baisers.
Les omoplates de Kate s’étaient décollées de la vitre de la cabine ; ses mains avaient semblé vouloir attraper quelque chose dans l’air embué. Un instant elle avait revu le visage de Philip sur la plage, le troublant tableau de la dune sauvage. Sa poitrine avait inspiré très fort plusieurs fois et elle avait rouvert les yeux pour regarder l’homme merveilleux qui venait de la faire fondre. Pendant quelques secondes elle avait eu envie de pleurer et d’éclater de rire simultanément puis s’était laissée tomber assise sous l’eau. Elle avait approché son visage de celui d’Yvan pour l’embrasser et goûter à l’exquis mélange de son miel et de sa salive.
Epidermes
L’air de ce soir d’été finissant était encore chaud et ils avaient eu envie de rester mouillés le plus longtemps possible. Leurs corps ruisselants et parfumés leur procuraient tant d’ivresse qu’ils n’avaient pas voulu sécher leurs peaux pour rejoindre leur grand lit. Ils avaient eu tant de joie à se rejoindre dans leur lieu d’intimité qu’ils avaient encore passé un long moment à s’embrasser, à lécher leurs épidermes humides et à se caresser pour s’étourdir de plaisir. Bientôt l’ivresse avait cédé la place à l’excitation.
Il était 1 h 32 à l’écran du radio réveil. Ils n’avaient toujours pas sommeil. La fatigue avait glissé sur eux. Ils s’étaient perçus dans un état d’éveil et de réceptivité exceptionnel, comme dopés par la stimulation du plaisir. Leurs corps leur semblaient légers, leurs esprits clairs et leurs sensibilités exacerbées.
Transis par trop d’amour les deux amants avaient frôlé l’insomnie au cours de leur nuit de retrouvailles. Après mille caresses et mille secousses ils avaient fini par tomber d’épuisement. Dans un dernier spasme Yvan s’était blotti en se rapprochant de Kate par derrière comme elle aimait tant. Ils s’étaient endormis à l’heure où la ville s’éveillait.

© LD 2006-2007
illustration Sorayama
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