A la réunion d’équipe du lundi, Kate avait rapidement résolu la question du planning avec Ludo. Le reportage photo à Barcelone pour le service voyage serait parfaitement assuré par une personne digne de confiance comme elle. L’équipe graphique savait qu’elle aurait peu de travail de retouche à son retour. Depuis qu’elle avait assuré au printemps dernier ce fameux reportage sur le Mékong, sa réputation était faite. On la considérait définitivement comme une vraie photographe en plus d’être une spécialiste avertie en histoire de l’art. Probablement que son œil s’était aiguisé en étudiant les grands maîtres. En tout cas c’est l’explication qu’elle s’était donnée quand on l’avait complimentée sur la qualité de composition de ses clichés. Elle n’avait jamais véritablement appris à prendre des photos. Tout juste avait-elle pris le temps de discuter un peu des astuces d’éclairage avec les quelques professionnels qu’elle avait croisés ici ou là. Et elle avait lu attentivement la notice de l’EOS 8 Mo que le labo lui avait mis dans les mains pour l’occasion. Ce qu’elle pensait en rapportant des images c’est qu’elle devait toujours soigner méticuleusement le cadre et tenir compte, si possible astucieusement, de la lumière. Pour le reste, elle faisait une confiance aveugle à l’électronique pour gérer la qualité des contrastes et l’équilibre des couleurs. Et sur ce point elle n’avait pas tout à fait tort.
La maîtrise et l’abandon
Le départ était prévu huit jours plus tard, juste le temps qu’il fallait pour parfaitement s’organiser. Elle pensa immédiatement à prévenir Philip. En décrochant son téléphone, Philip sentit qu’elle avait quelque chose d’important à lui dire. Mais Kate conservait cette sorte de pudeur dans ses relations avec les hommes, une retenue qui lui faisait souvent emprunter une diagonale pour avancer ses demandes ou ses propositions. Elle commença par lui parler de ses émois dans le métro, comme elle se l’était promis. Elle lui présenta la chose comme si elle avait entièrement subi les manœuvres de son homme et de l’inconnu en débardeur. Mais bien vite Philip comprit au ton réjoui qu’elle prenait pour lui décrire ses sensations mêlées de plaisir et d’humiliation qu’en réalité, elle avait adoré se faire coincer au milieu de la foule dans cette posture compromettante. Alors il la questionna pour savoir ce qui précisément, lui avait tant plu dans cette situation. « C’est difficile à dire, vous savez, j’étais tellement surprise et déstabilisée. Je crois que j’avais surtout peur d’être découverte par les autres voyageurs. Mais j’étais rassurée par la présence de mon mari qui, bien qu’il me mette dans cette situation inconfortable, veillait aussi sur moi. » Avait-elle répondu.
- Oui, j’imagine aisément ce mélange ambigu qui devait vous torturer…
- C’est vrai. Et le fait que mon mari me fasse caresser les seins par ce jeune inconnu athlétique, ça m’a fait un drôle d’effet. C’est vraiment ce qui m’a excité. Lorsqu’il m’a pressée contre lui, ça m’a fait un effet ravageur.
- Comment vous sentiez-vous à ce moment là ?
- En les laissant faire, je me suis sentie lubrique, une vraie salope, et je crois que s’ils m’avaient demandé de me baisser pour les sucer au milieu de la rame, j’aurais été capable de le faire. Du moins, c’est ce que je me suis dit après…
- Il y a des moments où on se sent prêt à tout, n’est-ce pas ? Vous aimeriez revivre cette situation ?
- Bien sur, pourquoi pas… mais l’effet de surprise a aussi son importance !
- Il est vrai que l’imprévu est souvent très excitant… ajouta Philip très attentif à ses propos.
Il nota que Kate conjuguait à merveille ses penchants pour la maîtrise et sa capacité d’abandon quand elle se sentait en sécurité. Puis il se demanda si elle lui aurait accordé la même confiance dans une situation similaire. Il retint aussi que Kate pouvait être totalement troublée par l’attention que l’on pouvait porter à ses seins. Elle lui fit part ensuite des incidences qu’avait eu son petit message au moment où elle tentait de retrouver son calme au cinéma. Il eut un rire étouffé de satisfaction et d’amusement. « J’ai bien failli vous répondre que vous étiez un bel obsédé… mais je crois que je n’en attendais pas moins de votre part ! »
- Merci du compliment. Et l’avez-vous exécuté ?.
- Oui Philip, le soir même. Seule sous ma douche, j’ai fait exactement ce que vous m’aviez indiqué.
- Vous êtes une femme merveilleuse, Kate. J’espère que vous y avez pris beaucoup de plaisir.
- Bien entendu… mais rien ne me comble mieux qu’un beau pénis bien tendu, vous vous en doutez ! Maintenant, enchaîna t-elle, j’aimerais vous parler d’un projet. J’ignore si vous pourrez vous libérer à votre guise mais j’ai une petite proposition à vous soumettre. Voilà, dans une semaine je dois partir seule à Barcelone pour mon travail. Ma rédaction me donne quatre jours pour rapporter de belles images de la ville. Je crois que j’aimerais beaucoup que vous veniez avec moi. Qu’en dites-vous ?
- Oh ! Je vois, vous avez besoin d’un guide, n’est-ce pas ?
- Oui c’est exactement cela. Une personne de confiance qui m’orienterait dans les ruelles et les bodegas, sans oublier les bords de mer, quelqu’un qui me prendrai par la main si je m’égare. Et puis Barcelone est une grande ville et je risque de m’y sentir un peu seule, vous comprenez ?
- Je comprends très bien chère amie, votre idée est alléchante. Je vais peut-être devoir déplacer quelques rendez-vous importants, mais je pense que nous devrions y arriver.
- Je ne veux surtout pas que vous vous sentiez obligé d’accepter, vous savez. Je ne voudrais pas que cela porte préjudice à votre travail.
- Non, soyez tranquille, c’est une simple question d’organisation. Et puis qui sait ? J’aurai peut-être l’occasion de convaincre de nouveaux clients catalans !
Philip qui avait un solide sens des affaires ne voyait que des avantages à cette escapade imprévue en Espagne. Il savait d’expérience que des rencontres imprévues dans une ville en pleine effervescence économique pouvaient être synonymes de nouvelles opportunités pour les prochains salons qu’il préparait. Tout au moins l’espérait-il car il n’aurait pas beaucoup de temps pour prospecter sérieusement dans l’intervalle de temps qui lui restait avant le départ.
- Quand devez-vous partir, exactement ? Lui demanda t-il.
- Mardi matin je prendrai l’avion. Le retour est prévu vendredi.
- Très bien. Quelle chance ! Je suis très heureux que vous ayez pensé à moi, vous savez. Je vous rappellerai dès que j’aurai pu m’organiser et vous me donnerez le numéro du vol.
- Croyez-vous que j’aurais pu penser à quelqu’un d’autre que vous ?
- Vous faites de moi un privilégié, chère amie.
- J’espère à bientôt alors !
- Je vous enverrai un petit message très vite…
Quelques jours intenses
Kate resta un moment à rêver en imaginant des scènes torrides dans cette ville étrangère où personne ne les reconnaîtra. Elle se sentait tour à tour fébrile, impatiente, motivée, interrogative et impatiente. Elle songea à la tournure qu’elle voulait donner à cette relation. Elle sentait bien que de nouvelles étapes allaient être franchies. Elle allait sans doute passer quelques jours intenses avec cet homme merveilleux qui avait su la charmer avant même de la connaître, qui avait fait preuve d’audace, et qui avait aussi tendance à l’ensorceler. Elle se demanda s’il attendrait quelque chose de spécial de ce séjour. Enfin, elle tenta d’imaginer ce qu’elle ressentirait vis à vis d’Yvan quand ils se retrouveraient. Elle avait un peu peur de culpabiliser après coup, surtout si Philip continuait à lire dans ses fantasmes comme dans un livre ouvert et à lui donner des épreuves érotiques de plus en plus inconvenantes, même si elle n’était pas vraiment adepte de la culpabilité. Elle redoutait seulement d’être déstabilisée par l’emprise et le charme de Philip. Elle vit alors un début de solution à son problème. Elle réalisa qu’elle avait besoin de sentir qu’elle maîtrisait cette relation pour se sentir libre et en profiter complètement. Bien sur Philip l’avait toujours habilement laissée choisir de répondre à ses avances et à ses fantaisies, mais elle comprit tout l’intérêt qu’elle pouvait aussi retirer d’une relation plus symétrique où il y aurait la place pour ses initiatives. C’était d’ailleurs une suggestion que Chloé lui avait faite la dernière fois qu’elles s’étaient parlées. Prendre en main cette relation, oui c’était une très bonne idée.
La maîtrise et l’abandon
Le départ était prévu huit jours plus tard, juste le temps qu’il fallait pour parfaitement s’organiser. Elle pensa immédiatement à prévenir Philip. En décrochant son téléphone, Philip sentit qu’elle avait quelque chose d’important à lui dire. Mais Kate conservait cette sorte de pudeur dans ses relations avec les hommes, une retenue qui lui faisait souvent emprunter une diagonale pour avancer ses demandes ou ses propositions. Elle commença par lui parler de ses émois dans le métro, comme elle se l’était promis. Elle lui présenta la chose comme si elle avait entièrement subi les manœuvres de son homme et de l’inconnu en débardeur. Mais bien vite Philip comprit au ton réjoui qu’elle prenait pour lui décrire ses sensations mêlées de plaisir et d’humiliation qu’en réalité, elle avait adoré se faire coincer au milieu de la foule dans cette posture compromettante. Alors il la questionna pour savoir ce qui précisément, lui avait tant plu dans cette situation. « C’est difficile à dire, vous savez, j’étais tellement surprise et déstabilisée. Je crois que j’avais surtout peur d’être découverte par les autres voyageurs. Mais j’étais rassurée par la présence de mon mari qui, bien qu’il me mette dans cette situation inconfortable, veillait aussi sur moi. » Avait-elle répondu.
- Oui, j’imagine aisément ce mélange ambigu qui devait vous torturer…
- C’est vrai. Et le fait que mon mari me fasse caresser les seins par ce jeune inconnu athlétique, ça m’a fait un drôle d’effet. C’est vraiment ce qui m’a excité. Lorsqu’il m’a pressée contre lui, ça m’a fait un effet ravageur.
- Comment vous sentiez-vous à ce moment là ?
- En les laissant faire, je me suis sentie lubrique, une vraie salope, et je crois que s’ils m’avaient demandé de me baisser pour les sucer au milieu de la rame, j’aurais été capable de le faire. Du moins, c’est ce que je me suis dit après…
- Il y a des moments où on se sent prêt à tout, n’est-ce pas ? Vous aimeriez revivre cette situation ?
- Bien sur, pourquoi pas… mais l’effet de surprise a aussi son importance !
- Il est vrai que l’imprévu est souvent très excitant… ajouta Philip très attentif à ses propos.
Il nota que Kate conjuguait à merveille ses penchants pour la maîtrise et sa capacité d’abandon quand elle se sentait en sécurité. Puis il se demanda si elle lui aurait accordé la même confiance dans une situation similaire. Il retint aussi que Kate pouvait être totalement troublée par l’attention que l’on pouvait porter à ses seins. Elle lui fit part ensuite des incidences qu’avait eu son petit message au moment où elle tentait de retrouver son calme au cinéma. Il eut un rire étouffé de satisfaction et d’amusement. « J’ai bien failli vous répondre que vous étiez un bel obsédé… mais je crois que je n’en attendais pas moins de votre part ! »
- Merci du compliment. Et l’avez-vous exécuté ?.
- Oui Philip, le soir même. Seule sous ma douche, j’ai fait exactement ce que vous m’aviez indiqué.
- Vous êtes une femme merveilleuse, Kate. J’espère que vous y avez pris beaucoup de plaisir.
- Bien entendu… mais rien ne me comble mieux qu’un beau pénis bien tendu, vous vous en doutez ! Maintenant, enchaîna t-elle, j’aimerais vous parler d’un projet. J’ignore si vous pourrez vous libérer à votre guise mais j’ai une petite proposition à vous soumettre. Voilà, dans une semaine je dois partir seule à Barcelone pour mon travail. Ma rédaction me donne quatre jours pour rapporter de belles images de la ville. Je crois que j’aimerais beaucoup que vous veniez avec moi. Qu’en dites-vous ?
- Oh ! Je vois, vous avez besoin d’un guide, n’est-ce pas ?
- Oui c’est exactement cela. Une personne de confiance qui m’orienterait dans les ruelles et les bodegas, sans oublier les bords de mer, quelqu’un qui me prendrai par la main si je m’égare. Et puis Barcelone est une grande ville et je risque de m’y sentir un peu seule, vous comprenez ?
- Je comprends très bien chère amie, votre idée est alléchante. Je vais peut-être devoir déplacer quelques rendez-vous importants, mais je pense que nous devrions y arriver.
- Je ne veux surtout pas que vous vous sentiez obligé d’accepter, vous savez. Je ne voudrais pas que cela porte préjudice à votre travail.
- Non, soyez tranquille, c’est une simple question d’organisation. Et puis qui sait ? J’aurai peut-être l’occasion de convaincre de nouveaux clients catalans !
Philip qui avait un solide sens des affaires ne voyait que des avantages à cette escapade imprévue en Espagne. Il savait d’expérience que des rencontres imprévues dans une ville en pleine effervescence économique pouvaient être synonymes de nouvelles opportunités pour les prochains salons qu’il préparait. Tout au moins l’espérait-il car il n’aurait pas beaucoup de temps pour prospecter sérieusement dans l’intervalle de temps qui lui restait avant le départ.
- Quand devez-vous partir, exactement ? Lui demanda t-il.
- Mardi matin je prendrai l’avion. Le retour est prévu vendredi.
- Très bien. Quelle chance ! Je suis très heureux que vous ayez pensé à moi, vous savez. Je vous rappellerai dès que j’aurai pu m’organiser et vous me donnerez le numéro du vol.
- Croyez-vous que j’aurais pu penser à quelqu’un d’autre que vous ?
- Vous faites de moi un privilégié, chère amie.
- J’espère à bientôt alors !
- Je vous enverrai un petit message très vite…
Quelques jours intenses
Kate resta un moment à rêver en imaginant des scènes torrides dans cette ville étrangère où personne ne les reconnaîtra. Elle se sentait tour à tour fébrile, impatiente, motivée, interrogative et impatiente. Elle songea à la tournure qu’elle voulait donner à cette relation. Elle sentait bien que de nouvelles étapes allaient être franchies. Elle allait sans doute passer quelques jours intenses avec cet homme merveilleux qui avait su la charmer avant même de la connaître, qui avait fait preuve d’audace, et qui avait aussi tendance à l’ensorceler. Elle se demanda s’il attendrait quelque chose de spécial de ce séjour. Enfin, elle tenta d’imaginer ce qu’elle ressentirait vis à vis d’Yvan quand ils se retrouveraient. Elle avait un peu peur de culpabiliser après coup, surtout si Philip continuait à lire dans ses fantasmes comme dans un livre ouvert et à lui donner des épreuves érotiques de plus en plus inconvenantes, même si elle n’était pas vraiment adepte de la culpabilité. Elle redoutait seulement d’être déstabilisée par l’emprise et le charme de Philip. Elle vit alors un début de solution à son problème. Elle réalisa qu’elle avait besoin de sentir qu’elle maîtrisait cette relation pour se sentir libre et en profiter complètement. Bien sur Philip l’avait toujours habilement laissée choisir de répondre à ses avances et à ses fantaisies, mais elle comprit tout l’intérêt qu’elle pouvait aussi retirer d’une relation plus symétrique où il y aurait la place pour ses initiatives. C’était d’ailleurs une suggestion que Chloé lui avait faite la dernière fois qu’elles s’étaient parlées. Prendre en main cette relation, oui c’était une très bonne idée.

© LD 03 2007
illustration : Barn Dog
illustration : Barn Dog
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