La veille de son départ, Kate avait voulu se rapprocher d’Yvan et s’était montrée inhabituellement affectueuse. D’abord assez confusément, elle s’était dit qu’elle mettrait un point d’honneur à s’occuper de lui jusqu’à la dernière minute pour lui montrer qu’il lui manquerait tout au long de son absence.
Veille d’escapade
Elle avait préparé ses bagages à l’avance pour être entièrement disponible quand ils seraient réunis au cours de leur dernière soirée. Mais elle sentait bien qu’autre chose se passait. Ressentait-elle quelque forme de remords à la veille de cette escapade professionnelle en compagnie de son audacieux amant ? Cherchait-elle à renforcer les liens de son couple ? Voulait-elle prouver à son mari qu’il comptait plus que tout pour elle ? Voulait-elle se prouver qu’elle restait attachée à lui ? Elle n’aurait pas su répondre avec certitude. Toujours est-il qu’elle avait eu l’intention de lui faire passer la plus délicieuse soirée depuis leurs fiévreuses retrouvailles d’après les vacances. Après un rendez-vous chez son esthéticienne, elle avait prévu un menu spécial et s’était habillée pour lui plaire. Yvan était revenu avec un petit paquet signé de son parfumeur préféré. Kate avait laissé échapper l’avant-veille qu’elle avait été subjuguée par la réédition des Jardins de Babylone.
Dans sa petite robe noire presque sage bordée de dentelle, elle lui était parue si désirable qu’il n’avait pas résisté à l’envie de perturber sa belle organisation. Profitant que son attention était entièrement tournée vers le choix de la cuisson du pavé d’espadon, il avait délicatement posé ses mains sur ses épaules dénudées pour les masser un peu, puis lorsqu’il s’était assuré du bon accueil qu’elle réservait à ses caresses il s’était aventuré sur ses hanches et ses cuisses en faisant glisser le tissu soyeux de sa robe sur sa peau, comme pour lui montrer qu’il désirait ardemment la retrousser. Les mains affairées, elle était restée immobile en savourant la chaleureuse et bienfaisante présence de son homme contre son corps. Lorsqu’il avait senti qu’elle était tout à fait convaincue de ses meilleures intentions, il n’avait pas résisté à son envie de caresser ses longues et douces jambes. Il se baissa derrière elle dans une position qui ne tarda pas à la troubler. Il fit courir quelques baisers à l’arrière de ses cuisses en prenant le temps qu’il fallait pour qu’elle apprécie les doux frissons qui remontaient vers son sexe. Il redressa un peu la tête et imagina les sensations qui se propageaient dans le corps de sa femme.
Un impérieux besoin
Il avait cru deviner que pour elle aussi cette soirée d’au revoir devait être particulièrement sensuelle. Il croyait connaître sa façon de calculer ses manques et ses désirs. Il avait cru comprendre aux expressions de son visage qu’elle rêvait de lui offrir une soirée qui compenserait ses quatre nuits d’absence. En réalité, Kate était si terriblement excitée à l’idée de son voyage qu’elle avait l’impérieux besoin de décharger la débordante énergie érotique qu’elle avait accumulée au cours des derniers jours. Mais elle n’osait pas encore se l’avouer. Au travail elle s’était éclipsé deux fois dans les toilettes pour se masturber dans l’espoir de se calmer. Malheureusement elle avait obtenu l’effet inverse.
Voulant faire durer un peu le plaisir, Yvan lui suggéra de venir s’asseoir et de boire un verre en attendant que le repas soit prêt. Elle vint poser sa tête sur ses genoux et lui demanda de partager son verre avec elle. Il l’embrassa plusieurs fois trop chastement à son goût, alors elle se redressa pour obtenir d’autres faveurs. Elle frotta délicatement ses lèvres contre celles de son homme pour mieux lui faire sentir la forme et la chaleur de la chair rose de sa bouche. Appuyant un peu plus sa caresse, d’une langue curieuse elle lécha sa bouche comme s’il s’agissait d’un fruit juteux ou d’une sucrerie. Elle eut le sentiment en lui offrant ces succulentes cajoleries de lui donner l’avant-goût prometteur de mille douceurs qu’elle désirait lui infliger. Yvan la laissait venir à lui en appréciant son génie sensuel. Puis elle frotta son nez contre le sien pour continuer d’éveiller ses sens, exactement comme il l’avait fait en caressant ses jambes. Cette forme de réponse venait d’éveiller un furieux appétit chez son homme. Il s’empara de sa bouche avec fougue et ils partagèrent un long baiser aux goûts d’agrumes mélangés et de rhum. Ils commençaient à se caresser comme des amants pressés et enthousiastes lorsqu’il sentit les premières vapeurs mélangées d’épices et de poisson venant du four. Il se dirigera vers la cuisine, constata que la minuterie était arrivée à son terme, vérifia la cuisson et servit sur deux assiettes le délicieux plat qu’elle avait préparé.
Au cours du repas Kate se sentait remplie de bien-être et pensait beaucoup à Philip. Elle réalisait à quel point elle aurait aimé partager avec son homme ce qu’elle ressentait. Elle se disait que par certains côtés, il était probablement absurde de s’accorder cette escapade avec son amant alors qu’elle vivait heureuse avec un mari qui l’aimait.
Une affaire d’existence
Yvan chercha à lui retirer son string. Elle fit un mouvement du bassin pour qu’il parvienne à le faire glisser sous ses cuisses.
Mais elle en revenait toujours à la même conclusion. Quelque chose d’irrépressible la poussait à connaître d’autres hommes et à vivre des aventures. Ce n’était pas une question d’amour et encore moins une affaire de fidélité. C’était bien plus sérieux, bien plus vital que cela. C’était une affaire d’existence. Elle réalisait que même si elle avait été démasquée, elle n’aurait pas remis ses projets en cause. Elle voulait se sentir plus vivante qu’elle ne l’avait jamais été, elle voulait respirer un oxygène plus fort, sentir son sang bouillir et son cœur s’emballer.
Sa main cherchait nerveusement la boucle de la ceinture d’Yvan. Elle l’ouvrit et constata que sa bite sortait de son slip.
Elle n’avait aucune raison de lui en vouloir de ne plus lui faire vivre les grandes émotions dont elle rêvait. Ce n’était pas lui qui était en cause mais ce que leur vie ensemble avait fait d’eux.
A présent il retroussait sa robe. Elle sentit ses mains effleurer son ventre.
Petit à petit elle avait compris que le partage du quotidien entamait lentement et inexorablement la passion des débuts et que rien ne permettait de remonter le temps. Elle avait cru pouvoir s’y résoudre, l’accepter, s’y habituer. Elle avait même pensé pouvoir oublier qu’elle cherchait toujours à s’émouvoir comme aux premiers temps de la rencontre. Elle avait pensé à renoncer. Elle y était parvenue, à certaines périodes quand la routine lui semblait confortable et paisible. Mais cela n’avait jamais duré longtemps.
Dans sa main la queue tendue de son homme semblait impatiente. Délicatement, elle caressa son gland avec son pouce.
Ils avaient cru pouvoir déjouer les années à force d’attention de respect, d’enthousiasme, de dialogue. Comme tous les couples qui s’aiment, ils avaient cru que leurs sentiments seraient plus forts que l’érosion du temps et des habitudes. Mais après toutes ces années, même si leur couple était à leurs propres yeux une belle réussite de complicité, de sensualité et d’affection, il fallait voir la réalité en face, elle ne ressentait plus les mêmes émois qu’aux premiers temps de leur histoire. Et cela lui manquait terriblement.
Elle écarta un peu plus ses jambes pour qu’il la lèche enfin. Elle posa un pied sur l’accoudoir du fauteuil pour être plus à l’aise.
Seules les nouvelles rencontres pouvaient encore lui permettre de trouver ces sensations merveilleuses et si précieuses. Lorsqu’elle y pensait, elle en venait souvent à une autre conclusion. S’il existait bel et bien deux sortes de personnes – pour parler simplement, celles capables de se résoudre à la stabilité monogamique et celles capables de vivre sereinement des aventures extraconjugales - il était probable que celles qui avaient connu une folle histoire d’amour, sensuelle et passionnée, comme ce fut son cas en rencontrant Yvan, aient acquis une disposition à chercher à nouveau la même intensité émotionnelle et existentielle quand celle-ci s’estomperait.
Surprise et excitée par les coups de langue de plus en plus précis de son mari, elle entreprit de le débarrasser de sa chemise.
Cette idée la rassurait sur son propre cas, elle le reconnaissait, mais au fond, cette explication ne lui paraissait pas infondée pour autant. Ne dit-on pas des hormones du plaisir qu’elles provoquent des dépendances similaires à celles des drogues ? Yvan pourrait-il comprendre cela ? Saurait-il l’accepter ? Elle savait qu’il était différent d’elle sur ce point. Il pensait depuis toujours qu’on ne vit qu’un seul amour dans sa vie et qu’on ne peut se donner qu’à une seule personne. C’était, en gros, sa philosophie. C’est ce qu’il lui avait répété quand il avait quelquefois évoqué le cas de son copain Georgio. Il le considérait comme perdu, égaré.
Les caprices des corps
Elle sentit les mains d’Yvan remonter sur ses côtés pour lui retrousser un peu plus sa robe. Encore parfaitement vêtue en haut, totalement dévêtue en bas, elle adorait cette sensation.
Pourtant, les quelques soirées qu’ils avaient partagées avec d’autres partenaires avaient été vécus comme des moments d’intense sensualité, mais tous deux savaient que ces expériences là n’étaient justement que des expériences. Elles n’avaient impliqué que les caprices des corps. Ces histoires-là étaient sans suites, sans conséquences et sans risques pour leur relation. Ils connaissaient les effets positifs de ces fantaisies qu’ils s’accordaient librement quand les circonstances s’y prêtaient mais tacitement, ils n’y accordaient qu’une importance limitée. Cela ne pouvait pas remettre en cause leurs modalités d’existence. Ils n’avaient jamais envisagé ouvertement de s’ouvrir à d’autres relations suivies.
Elle sentit enfin la queue de son homme forcer l’entrée de sa chatte et la remplir de bonheur. Il lui faudra peut-être du temps pour parvenir à lui avouer qu’elle peut aimer plusieurs hommes.

© LD 05 2007
illustration : Sandokan
illustration : Sandokan
4 commentaires:
ah !! j'ai pris un grand plaisir à la lecture de ce texte finement ciselé , un texte d'un érotisme torride et raffiné ! une belle histoire dont j'ai hate de connaitre la suite , Kate peut aimer plusieurs hommes à la fois ...attractif !
Bisous Didou !
Suis comme Jean Phil ... j'attends que Kate ns fasse part de ses expériences nouvelles ...oh combien palpitantes ! (sourires !)
A très vite
Kty ... Kate ... hmmm !
bonsoir !! j'attends avec impatience la suite de ces palpitantes et exitantes aventures !! je viens de tout relire et ..j'ai tres tres chaud tout à coup !!
je reviens vous voir....en relisant votre texte , un frisson m'a parcouru et j'ai songé au nouveau titre de Francis Cabrel "la robe et l'échelle" ..pas si éloigné que çà de votre texte !!
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